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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 08:00

Pourquoi la délinquance est entretenue par le système. Pourquoi les biens ne feront jamais le bien.

 

, 使  

bù guì nán de zhī huò, shǐ mín bù wéi dào;

Pas - Coûteux - Difficile - [particule] - [liaison] - Biens, Permettre - Peuple - Pas - Devenir – Voleur

 

[guì]  signifie cher, coûteux, précieux, des plus apprécié ou noble. [nán]  signifie difficile, pénible, mauvais, déplaisant. [de]  est une particule utilisée pour exprimer la possibilité ou la capacité ou un mot de liaison entre un verbe ou un adjectif et un complément.   [huò]  signifie les biens, les commodités, l’argent mais aussi, et il est intéressant de le souligner, imbécile ou idiot.  () [wéi]  signifie faire, servir en tant que quelque chose, agir, devenir ou signifier, Cf. 2-1 [dào]  signifie voler, dérober ou voleur.

 

Traductions :

Si on n'attache pas de valeur, si on ne prise pas, si on n’estime pas les biens d'acquisition difficile, les trésors recherchés, les biens précieux, les objets rares, le peuple ne se livre pas au vol, on empêche le peuple de voler, le vol disparaît de l'esprit du peuple, on obtient que le peuple ne soit pas cupide.

♥ « Ne fais nul cas des choses rares. On cessera de dérober. » (François Huang et Pierre Leyris)

S’il n’y avait la tentation exercée par les biens rares (et difficiles à obtenir) et donc coûteuses, il n’y aurait pas de vol. Si chacun avait accès à ce dont il a besoin, il n’y aurait pas de voleur.

 

Sans valorisation des biens, nul vol

 

 

voleur.jpg

 

Réflexions :

1. Le matraquage publicitaire et les inégalités devant la consommation poussent certains à recourir au vol. Le message insidieux selon lequel il convient de posséder « à tout prix » le dernier gadget est en effet contradictoire avec le principe de l’honnêteté. Le système est ainsi le premier responsable de la violence et de l’insécurité aux noms desquelles les gouvernants arrivent à se maintenir au pouvoir. La peur sera en effet toujours mauvaise conseillère !

2. L’approche consumériste est contradictoire avec le Tao qui pourvoit à chacun « selon ses besoins » (principe du communisme made in URSS) ou « selon son travail » (principe du communisme made in China) et limite ainsi les ressentiments. Il n’est pas en soi question de se tourner les pouces mais d’être correctement rétribué, de vivre correctement et dignement de son travail, là où la tendance est à la Wal-Martisation des économies et à la multiplication des working-poor (travailleurs sous payés n’arrivant pas à subvenir à leurs besoins).

3. « J’aime à les entendre ces gens riches, ces gens titrés, ces magistrats, ces prêtres, j’aime à les voir nous prêcher la vertu. Il est bien difficile de se garantir du vol, quand on a trois fois plus qu’il ne faut pour vivre ; bien malaisé de ne jamais concevoir le meurtre, quand on n’est entouré que d’adulateurs ou d’esclaves dont nos volontés sont les lois ; bien pénible, en vérité, d’être tempérant et sobre, quand on est à chaque heure entouré des mets les plus succulents ; ils ont bien du mal à être sincères, quand il ne se présente pour eux aucun intérêt de mentir… » (Sade, Justine, p.57)

4. La consommation d’un bien est souvent légitimée au prétexte d’un « je le vaux bien ».  Je crois, en achetant un bien, valoriser un être voire faire le bien (de l’économie, de la croisssance,…). Les chinois sont traditionnellement plus nuancés avec le même terme désignant les biens et l’imbécile : l’idiot serait-il celui qui possède le plus de biens ?  « Car la richesse de l’homme est dans son coeur. C’est dans son coeur qu’il est le roi du monde. Vivre n’exige pas la possession de tant de choses » rappelle Jean Giono dans  Les vraies richesses.

 

Le Mendiant

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