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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 08:00

Un chapitre contre l’obsession de la performance, pour réhabiliter le vide, encenser l’humilité, favoriser la souplesse... mais seulement après avoir accomplit sa destinée et son œuvre !

 

 

1

持 而 盈 之 不 如 其己;

Se maintenir plein n’est pas conforme au Soi ;

2

揣 而 锐 之 不 可 长 保;

Être toujours tendu ne permet pas de durer ;

3

金 玉 满 堂 莫 之 能 守;

Une salle emplie d’or et de jade ne peut être gardée ;

4

富 贵 而 骄 自 遗 其 咎。

Vanter richesse ou titres conduit à sa perte.

5

功 遂 身 退 天 之 道。

Se retirer une fois l’œuvre accomplie est le Tao du Ciel.

 

Cliquer sur le numéro de phrase vous transportera directement aux explications de la phrase en question. Après le désordre ordonné, voici l’ordre apparent…

 

 

Vidéos de l’internet chinois…

 

Prononciation en chinois (Chap 9 à partir de 4 :19)

 


 

 

 

Commentaires :

 

Qui monte doit redescendre. Qui est plein () ne peut plus recevoir. L’être par essence, le Soi () est vide, ce qui lui permet d’être réceptif au Tao,  de favoriser son potentiel. Car si le vide appelle le plein, le plein conduit au vide. Vide relatif de l’ego par rapport à tout ce que peut nous apporter une attention au Tao.

 

Selon Marcel conche, « la leçon est qu’il faut savoir renoncer à rester au sommet […] Il ne faut pas aller contre l’ordre naturel des choses mais l’accepter. » (p.82) Didier Gonin prend l’exemple de ces hauts dirigeants qui s’accrochent au pouvoir et conclut « il y a un temps pour diriger et un temps pour lâcher prise !  » (p.50)

 

Ceci n’est pas sans rappeler le principe de Peter « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » et son corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité. »

 

tao2

 

Il n’est pas sûr que Lao zi ait eu en tête le développement personnel  ou le développement du personnel et il serait contradictoire de dire, avec Marcel Conche, que la leçon est aussi « lorsqu’on décline, à faire toujours de nouveaux efforts pour revenir au sommet. »  L’idée n’est pas dans la performance en continue, dans le fait d’être toujours  tendu ou à vif  () mais plutôt dans l’acceptation de la descente après l’ascension, dans un retour au Soi afin de se préserver () et de pouvoir () durer le plus longtemps () possible.

 

De la même manière, les richesses acquises ne pourront nous satisfaire sur le long terme et sont plutôt source d’embarras et de problèmes, personne () ne pouvant () les garder () éternellement.  La richesse doit être placée en soi, dans son Soi, et non pas à l’extérieur. « Notre bonheur ne doit pas être à la merci de ce que l’on ne contrôle pas » conseille Marcel Conche (p.83)

 

Il est ainsi contreproductif de se vanter, d’être fier () de sa richesse () ou de ses titres de noblesse () car c’est mettre l’accent sur quelque chose de superficiel et donc se donner soi-même () des motifs d’insatisfaction, se punir () à plus ou moins court terme. Car rien ne dure dans ce monde, exception faite du Tao.

 

« Lorsqu’on est arrivé au bout de ce que l’on pouvait, et que l’on a accompli l’œuvre () dont on portait l’exigence, il faut savoir se retirer, comme la mer après la marée haute. » (Marcel Conche) Ainsi fit Lao zi. « Ainsi firent tant de Taoïstes, qui se retirèrent dans la vie privée, en pleine fortune, et finirent dans l’obscurité volontaire » (Léon Wieger, p.16) Telle est la voie () du Ciel (), c’est-à-dire la nécessité de la Nature.

 

Il ne faudrait donc pas considérer ce chapitre comme une invitation à la paresse, à l’inaction ou à la pauvreté. Ce n’est qu’après être devenu aussi plein, tendu, riche et noble que possible, ce n’est qu’après avoir fait de son mieux et accomplit son œuvre, qu’il convient de se mettre en retrait. Il convient de savoir pour arriver au non-savoir et d’avoir agit pour accéder au non-agir…

 

Le Mendiant

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