Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 08:00

Pourquoi « Le paradis, c’est les autres ». Comment améliorer nos rapports.

与 善 仁,
yǔ shàn rén,
Don/Rapport à autrui – Bon/Parfait – Bienveillance

与 [yǔ] signifie don, offrande, donner, offrir, être en bon terme avec, aider, supporter  仁 [rén] signifie bienveillance, bienveillant, bienfaisant, humanité, sensible ou noyau. Cf. 5-1

Trad. 1 :
Dans ses relations, les rapports avec les autres, il est bienveillant, réclame des trésors de patience / On considère bonne pour les rapports sociaux, l’humanité.
♥ « Choisis envers autrui la bienveillance » (François Huang et Pierre Leyris)
♣ « Traitez les gens avec bienveillance et désintéressement » (Shi Bo)
► Comment se comporter vis-à-vis des autres. Cette version peut sembler paradoxale avec 5-2 qui déclare  圣 人 不 仁 « Le sage n’est pas bienveillant ». Nous ne sommes toutefois plus ici dans la réflexion ou philosophie du sage (qui considère les hommes comme chiens de paille) mais dans l’action : face à autrui, quel qu’il soit, la bienveillance est évidemment de rigueur.

♫ La relation juste est bienveillante

♫ Pour la relation, la parfaite bienveillance

 

 

bienveillance.jpg



Trad.2 :
S'il fait des largesses, il excelle à montrer de l'humanité / Son don est généreux / Donner simplement par humanité, avec un parfait amour / Pour l'offrande, le bien se manifeste par l'amour.
♥ « En matière de don, l'excellence est l'humanité. » (Rémi Mathieu)
♣ « [A son exemple, ceux qui imitent le Principe] sont bienfaisants » (Léon Wieger)
► Quelle devrait être la caractéristique du don.

♫ L’offrande juste est bienveillante.
Nous pourrions aussi dire « désintéressée » mais il ne s’agirait pas du même caractère. Cela éviterait pourtant la redondance : un don n’est-il pas par définition généreux et une offrande bienveillante ?

Contre-sens ?
Parler d’allier à propos de 与 [yǔ] « Envers un allié importe la bienveillance » est réducteur alors que la bienveillance devrait aller de soi vis-à-vis de tous les êtres. Parler de conflit « En conflit, sois juste et généreux » est un nouveau contre-sens de Stephen Mitchell (le spécialiste en la matière).  Parler de « don céleste » en est un autre puisque 仁 [rén] est une notion bien humaine.

Réflexions :
1. Autrui a vécu toute sa vie pour nous rencontrer à cet instant et nous avons fait de même. Dans cette optique, la bienveillance et l’humanité ne vont-ils pas de soi ?
2. « L'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. » (Jean-Paul Sartres, voir le site http://www.philo5.com )
3. Au contraire, si mes rapports sont bienveillants, alors nous aurions « Le paradis c’est les autres ».  C’est une question d’équité : les autres nous renvoient simplement le sourire ou la grimace que nous leur tendons.

Le Mendiant

Partager cet article
Repost0

commentaires

A
L'une des étapes de notre progression sur notre chemin de vie, consiste à travailler sur nos émotions. Elles se rapportent toutes à notre "corps émotionnel". L'expression la plus grossière de nos<br /> émotion est le désir, perpétuellement renouvelé car jamais satisfait pleinement, et occupé à renouveler des sensations déjà vécues ; son expression la plus subtile et enrichissante est l'amour,<br /> pour soi comme pour tout ce qui nous entoure. Faire preuve de bienveillance, de compassion, de patience et de douceur dans nos rapports avec les autres, sont les actions quotidiennes permettant à<br /> notre émotionnel de cultiver l'amour. L'amour est la caractéristique principale de l'âme, il est le lien entre nous même et tout ce qui est.
Répondre