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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 08:00

Pourquoi le vide est en réalité plein. Pourquoi la nature est essentiellement du vide.

 

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xū ér bù qū, dòng ér yù chū

Vide – [conj.] – Pas – Plier – Utiliser – [conj.] – Plus…plus – Produire

 

[xū] signifie vide, inoccupé, faux, timide, faible (santé) ou en vain. Cf. 3-5 [qū] signifier plier, courber, tordre, soumettre, être dans l’erreur ou injustice. () [dòng] signifie bouger, agir, changer, altérer, utiliser ou éveiller de l’émotion. [yù] est un caractère peu usité signifiant se remettre, aller mieux ou le plus…le plus. [chū] signifie sortir, produire, arriver, excéder, dépasser,… Cf. 1-7.

 

Traductions :

Le soufflet est vide mais (le souffle) ne fléchit pas, ne s’épuise pas, ne s’affaisse pas, ne s’aplatit pas ; plus il s'active, plus il exhale / En mouvement il en sort, il produit, encore plus (de souffle), il est inépuisable

 « Vide inépuisable: plus on l'active, plus il en sort. » (Catherine Despeux)

► Explication des caractéristiques du soufflet et de la flûte: le vide est son essence (aucune forme possible sans le vide) mais aussi sa fonction et plus on s’en sert, plus il produit de souffle ou de sons! Selon le commentaire de « Je me tourne vers vous », il en va de même du souffle : « Le souffle pur est invisible, il ressemble au vide, mais il ne s’épuise jamais dans la respiration : plus on l’active, plus il sort d’air. » (Despeux, p.224)  La flûte pourrait quant à elle être une analogie de la parole, que l’on retrouvera en 5-5.

vide

 

Contre-sens ?

L’oubli de la flute chez tous les traducteurs (sauf une !) permet de se consacrer uniquement aux caractéristiques techniques du soufflet mais réintroduire cette dernière oblige à se réinterroger sur le sens de la phrase. Car la flute ne se vide pas, elle, et ne produit un souffle que si l’on souffle dedans ! Par contre, elle est bien constituée autour du vide et elle fait d’autant plus de musique que l’on s’en sert.

 

♫ Vide inébranlable à l’usage inépuisable

Amendement (Oct 2011) à la proposition précédente: « Vide mais inébranlable et à l’usage inépuisable ».

 

Réflexions :

1. Le vide, ouvert, permet toutes les perspectives, tous les potentiels tandis que le plein, fermé, les termine. « Dieu est vide de toutes choses : et c’est pourquoi il est toutes choses » (Maître Eckhart)

2. Le vide est généralement définit comme l’absence de matière mais n’est-ce pas plutôt ce qui permet à la matière d’exister et à l’énergie – et donc à la vie – de circuler ? Le vide n’appelle-t-il pas le plein ? Contre Aristote ou Descartes (qui niait l’existence du vide), la philosophie orientale place le vide au centre de ses réflexions et de sa cosmologie. C’est le vide qui rend le verre, le vase ou la porte utile. « La forme, c’est le vide, et le vide, c’est la forme », dit le soutra du cœur, un des recueils bouddhiste les plus célèbres.

3. Qu’est-ce que le vide ?  Le site Wikipedia rappelle qu’un verre vide, une bouteille vide, un carton vide… contiennent en fait environ 2·1015 molécules par millimètre cube, ce qui fait beaucoup de zéros !  Un vide d'air considéré comme très poussé, « ultravide », correspond à une pression de l'ordre de 10-8 pascals (Pa, unité du système international) et on y dénombre encore 2 millions de molécules par centimètre cube. Un article du site contre les idées reçues (tout un programme) http://tatoufaux.com  précise que « si on supprimait le vide qu’il y a autour des noyaux des atomes, la Terre pourrait tenir dans une sphère de seulement 150 m de rayon ! » et conclut que « la nature n’a donc pas horreur du vide puisqu’elle est le vide, parsemée d’atomes... et d’objets célestes. »

4. « Dans ce vide, les deux ne se distinguent pas, ils contiennent chacun le monde entier. » dit Sosan.[1]  « Quand il y a vide, il y a unité » commente Osho.

 

Le Mendiant

 

[1] Jianzhi Sengcan, appelé Kanchi Sosan en japonais, phrase tirée du second chapitre de son poème Xinxin Ming (信心銘), le plus ancien texte Chan, commenté par Osho dans Le livre du rien.

 

 

 

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