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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 08:00

Comment définir le paradoxe de la non-action du sage taoïste. Pourquoi cette notion est-elle aussi politiquement incorrecte et redoutée par le système.

 

shì yǐ shèng rén chǔ wú wéi zhī shì

Être - Ainsi - Sage - Homme - S'occuper - [Négation] - Agir - [liaison] – Travail

 

[yǐ] Cf. 1-5. () [shèng] signifie le sage, le saint ou sacré. [rén] signifie l’homme.  () [chǔ] signifie s’entendre (avec quelqu’un), manager, s’occuper, être dans une certaine position de ou punir. () [wú] Cf. 1-3. () [wéi] Cf. 2-1 [shì] signifie chose, affaire, business, problème, accident, travail, responsabilité, servir, être engagé dans,…

 

Première apparition de la figure de 圣人 [shèngrén],le Sage ou le Saint homme taoïste dont Lao Zi nous décrira régulièrement le comportement… ou non-comportement !

 

[wú wéi] signifie le non-agir, concept central du Taoïsme qui ne consiste pas en l’absence d’action, dans le contraire de l’action, l’inaction, la fainéantise ou la lâcheté mais plutôt dans une idée de lâcher prise, de laisser faire, de confiance dans le déroulement de toutes les choses et dans les lois de la nature. L’idée également de ne pas prendre parti et de ne pas sortir du flux du Tao en choisissant, par ses actions, telle ou telle direction. « Le Sage laisse son libre cours. Il s’abstient d’intervenir, ou par action physique, ou par pression morale. Il se garde de mettre son doigt dans l’engrenage des causes, dans le mouvement perpétuel de l’évolution naturelle, de peur de fausser ce mécanisme compliqué et délicat. » précise Léon Wieger. Jean-Shérab sur le Forum du Tao : « Pour moi le non-agir n’est pas l’absence d’action mais bien que l’action se règle de manière adéquate, fluide, souple et immédiate à la réalité. Dès lors, l’action s’accomplit de manière juste et par elle-même, spontanée parce qu’elle ne se règle plus sur tous ces blocages et préjugés qui alimentent habituellement la conscience ordinaire, sur les tendances égocentriques dirait-on dans le bouddhisme mais sur l’authenticité et la sagesse inhérentes à cette conscience. »

 

 

suivre_courant.jpg

 

 

Trad.1 : C’est pourquoi l’homme de vertu, le Saint, règle ses affaires en pratiquant le non-agir, gouverne par le non-faire, adopte la tactique du non-agir, pratique le non-agir, fait son occupation du non-agir, œuvre selon le non-agir, s'abstient de toute action.

♥ « C'est pourquoi/Ainsi le Sage pratique le Non-agir » (Marcel Conche ou Shi Bo)

♣ « Ainsi le sage agit sans action active » (Feng Xiao Min)

► Le travail du Sage consiste à adopter le principe du non-agir, du lâcher-prise ou Le Sage est sage parce qu’il est engagé dans la pratique du non-agir.

 

Trad.2 : Ainsi le Maître, le Saint-Homme, agit en n’agissant pas, agit sans rien faire.

► Cette voie semble réductrice au regard de la complexité de la phrase chinoise et crée un paradoxe de plus : l’action non agissante ! On pourrait néanmoins considérer que le Sage agit sur les autres (leur laisse une impression, leur sert d’exemple) via son détachement, via son refus de l’action agissante.

 

♫ Ainsi, le Sage travaille à non-agir

 

Réflexions :

1. « Le grand but de la vie n’est pas le savoir mais l’action » disait Thomas Huxley. Ni l’un ni l’autre, rétorque Lao Zi : le secret du bonheur est de se fondre dans le rythme du Tao, de retrouver le courant de la Nature. L’action est en effet à la fois discriminante (une direction plutôt qu’une autre), violente (aller à contre-courant) et illusoire (penser pouvoir se soustraire aux lois de la nature par son action).

2. Un appel à ne rien faire ? Non pas puisqu’il est dit que le Sage continue à agir. Il le fait par contre sans se forcer : il ne reste pas « immobile dans le courant d’une rivière » (proverbe japonais) mais le suit, respecte sa nature profonde.

3. Un appel à se fondre dans la masse et à suivre les modes ?  Au contraire, le Sage s’éloigne de la superficie et de la décadence de la société pour retrouver le contact avec les fondamentaux. Sa non-action pourrait ainsi s’apparenter à la désobéissance civile d’un Henry David Thoreau qui partit vivre dans les bois et qui précisait « la seule obligation que j’ai le droit d’adopter, c’est d’agir à tout moment selon ce qui me paraît juste »[1] « Selon ma nature dans le Tao » dirait le sage taoïste.

4. Dans un monde qui prône la vitesse et la croissance, le simple geste de ne rien faire est un puissant levier pour changer de paradigme : ne pas acheter tel ou tel produit, ne pas prendre sa voiture, ne pas allumer sa TV, ne pas suivre l’actualité imposée par les médias,… Là où l’action formatée rend esclave, la non-action libère !  C’est dans ce sens que l’on peut dire que la non-action agit !

5. « Qui n’avance pas recule » dit un proverbe latin. Cette obligation à l’action, à l’activité trépidante, est l’une des causes majeure du stress et de la déliquescence de notre société. Cf. mon ouvrage l’Obsession de la performance. Au « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy, il convient de répliquer par « le droit à la paresse » de Paul Lafargue.

6. « Le secret du succès, c’est de faire coïncider vocation et vacances » disait Mark Twain. « Choisissez un travail que vous aimez : vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » disait bien avant lui Confucius. Pourrait-on dire, en paraphrasant Lao Zi que l’homme heureux « travaille sans travailler » ?

 

Le Mendiant

 

[1] Thoreau, La désobéissance civile, Mille et une nuits, 1996, p.12

 

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commentaires

Xavier 26/03/2011 14:36


Décidemment, le lâcher prise ne nous lâche pas ! Preuve, s’il en était besoin, que cette notion trop souvent présentée comme évidente est loin d’être facilement assimilable. Avec son intellect,
oui, certainement mais tant que l’on comprend une chose uniquement avec son mental, on ne la vit pas. Il faut aussi la « comprendre » avec son corps, ses émotions, sa perception. Et il est tout
aussi évident, comme le souligne bien Lionel, que l’égo réapparait régulièrement à la surface. Je ne crois qu’il faille s’en lamenter ou se fustiger ; c’est simplement humain. La grande avancée,
c’est lorsque l’on en prend conscience. Cette prise de conscience est assez essentielle car alors, on peut faire une pause, réfléchir et infléchir ensuite notre comportement et nos pensées.
« Est-ce une question de volonté ? » est-il demandé. Sans vouloir faire une réponse de normand, je répondrais : oui, car la décision d’agir et de réagir de telle ou telle manière nous appartient ;
c’est notre choix. Je peux vouloir ceci ou je peux vouloir cela. Et je répondrais également non car il y a risque d’accentuer une pression et se dire finalement : « je dois lâcher prise ». Or, ici,
quand « vouloir » devient « devoir », on peut être certain d’échouer !
En fait, je reprendrais dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, ce que j’ai appelé « la loi des 90% » dans mon dernier livre (« Petit Traité de Sagesse bouddhiste »). Très succinctement, cela
consiste à toujours se laisser une marge d’erreur ou d’échec ou de non résultat pour 10% de ce que nous faisons. Cela enlève toute pression. Par exemple, si je n’ai pas lâché prise parce que mon
égo a pris le dessus, ce n’est pas grave, c’est que je suis dans les 10% où « ça » ne fonctionne pas. Petit à petit, on arrête de vouloir un résultat optimal à chaque fois (la fameuse « obsession
de la performance » chère à Benoit !), on cesse de s’en vouloir et du coup, on devient beaucoup plus souple et… le lâcher prise arrive tranquillement. Lentement, on substitue à la notion
d’obligation celle de souplesse, de fluidité et finalement de plaisir. Ce point mériterait sans doute d’autres développements mais l’essentiel me parait être là. On quitte simplement le domaine
culpabilisant et inopérant des "il faut", "je dois", "tu devrais", etc.
Héraclite - le Lao Tseu grec – prenait l’image de l’eau d’un fleuve. Et quand on regarde cette eau couler, on s’aperçoit qu’elle ne va pas se fâcher contre le rocher qui se trouve sur son chemin.
Ce serait absurde. Non, elle le contourne tranquillement et continue son chemin. Le rocher n’a pas bougé, l’eau est passée et tout le monde est content ! Si le rocher est vraiment trop gros, eh
bien elle se dévie un peu et poursuit sa route. Je doute qu’elle garde rancune à ce rocher de lui faire faire un détour ! Or donc, quand je visualise mon existence et les évènements contrariants de
cette manière, je suis bien plus apte à lâcher prise. Si je n’y arrive pas, c’est que mon égo bloque le système momentanément. Mais ce n’est pas grave : je suis juste dans les 10% où « ça »ne
marche pas. Rien de plus ! C'est momentané (ou impermanent si on préfère !)
Belle journée de soleil à chacun.


Lionel 26/03/2011 10:53


oui oui oui, surtout que, quand on sourit, on ne peut pas parler ; et quand on parle, on ne peut pas profiter pleinement du souffle de la vie...
Le lâcher prise tel que tu le présentes Benoît ainsi que toi Xavier me parle bien aussi. La difficulté est grande parfois -voire souvent- pour moi d'échapper à l'emprise de mon ego qui dans telle
ou telle situation va s'exprimer sans que je n'y puisse rien. (Je lis en ce moment un chouette livre de Jolien "le philosophe nu". Il met cela pas mal en avant). Je sens que même en essayant
d'avoir un maximum de conscience de ce qui se joue dans ces moments "d'énervement intérieur" -qui se voit aussi à l'extérieur (un peu comme dans l'ancienne pub des yaourts "BIO" ;-)- je n'ai de
prise sur quasi rien. Les mécanismes en place sont puissants et, pour notre égo, c'est notre survie qui est en jeu ; en fait, plutôt la sienne. Bref. Donc le lâcher prise n'est pas simple. Est-ce
une question de volonté ? Je ne le crois pas car si tel était le cas, il me semble que cela serait à nouveau un piège du mental qui, pour échapper à la mort, met alors en place un autre concept
auquel s'acccrocher pour exister. C'est un peu comme les méthodes de certains psy qui proposent de faire ceci ou cela pour aller mieux. Non, je ne peux accueilir cela comme juste. En fait, tout est
déjà là à mon sens. Rien n'est à remplacer ou à chercher, ou à trouver, ou même à lâcher. Tout cela nous enferme à nouveau dans des concepts et dans l'action, dans le faire... Tout est déjà là et
dans ce tout, il n'y a rien, rien qui soit compréhensible intellectuellement; Et alors, il y a le Tout, le non-né. Et dans cela oui, je crois que nous avons -ou plutôt nous partageons- une
puissance infinie, mais pour ne rien en faire : juste pour être. Le lâcher prise c'est peut-être un peu plus çà pour moi : une acceptation de ne pas comprendre, un au-delà de la compréhension, un
accueil d'une certaine mort, celle de l'intellect, du mental, de l'ego. Dans ces moments (de ce que j'ai en mémoire, il me semble avoir déjà vécu très brièvement ce genre de moments -et nous en
vivons tous j'en suis sûr même si nous n'en prenons pas toujours conscience) nous acceptons inconsciemment de mourir vraiment au niveau mental car il n'y a rien de compréhensible alors. Et très
vite, le mental nous rattrappe. Bon, rassurons-nous, il paraît que, si nous avions le choix, personne ne voudrait vraiment être dans ce lâcher prise total tellement c'est effrayant de
dépouillement, de vide, etc. Ouf, je ne suis pas anormal !!! ;-). Outre les quelques rares "grands sages", certains grands accidentés de la vie y ont parfois accès. Tellement la violence qu'ils ont
subie est grande que leur mental est déconnecté, que rien n'est plus accessible dans ce que ce dernier identifiait comme étant réel et comme étant la définition d'une personne identifiée et séparée
des autres. L'identification étant impossible, il meurt. Et l'être est à nu. C'est un peu comme dans dans ces moments où nous sommes ébahis par un moment de pure beauté, à nous couper le souffle !
Pendant un bref instant, tout est suspendu, nous faisons inconsciemment l'expérience de la mort de l'égo, le mental est déconnecté ! Bon, il revient vite au galop le bougre...
Pour moi, simple mortel, l'être aussi est là (car il ne peut pas ne pas être). Il y a simplement quelques couches, quelques masques qui l'empêchent d'être accessibles ou qui ne lui permettent pas
de toujours s'exprimer sans parasite. Et en même temps, c'est ainsi ! "Nous croyons être ce que nous ne sommes pas et nous sommes ce que nous ne pouvons croire que nous sommes" comme le dirait
Prabha Calderon. A la la, sacrés fantômes conceptuels. En même temps, prendre conscience de ces mécanismes permet de lever un voile sur..???? Mais lâchons prise, nous verrons bien.
Je vous embrasse,
Lionel


Xavier 25/03/2011 22:03


Bonjour !
Voilà bien un point complexe ! Le fameux non-agir qui m'a souvent donné du fil à retordre tant il parait étranger à notre manière occidentale de "fonctionner".
Les propos de Lionel sont fort justes sur cette ardente obligation d'agir pour demeurer dans la "normalité". (au passage, la marche dans le désert est effectivement une manière magique d'apprendre
l'exquise solitude du silence en soi).
Je me suis demandé si une manière de saisir le non agir ne pourrait être faite à partir des célèbres propos d'Epictète quand il distingue les choses sur lesquelles nous pouvons agir et celles sur
lesquelles nous n'avons pas de prise. Une des formes du non-agir ne serait elle pas alors de reconnaitre - et d'admettre - qu'il est des évènements sur lesquels nous ne pouvons avoir aucune prise
et qu'au lieu de s'en lamenter et de rouspéter en pure perte, le plus simple et/ou le plus sage consiste simplement à laisser faire, à laisser passer, à accepter qu'il en soit ainsi.
C'est ma manière d'envisager le lacher prise dont on nous rabat les oreilles sans toujours expliquer en quoi il consiste. C'est ma manière de comprendre le non-agir. Pas inaction mais acceptation
de ce que je ne peux en aucune manière modifier. A s'y entrainer, je constate peu à peu que ce qui pouvait autrefois générer de l'agacement ou de la colère est désormais pris comme un empechement,
pas nécessairement contrariant et fort probablement passager. Mieux encore, je me dis qu'il en est ainsi pour l'instant et je vaque alors à une autre occupation. Cette manière de pouvoir accpter
est finalement extrêmement apaisante ; on n'est plus dans l'urgence du faire, on quitte le domaine de la contrariété pour conserver celui du calme, de la quiétude même. L'avantage immense, c'est
donc que cette acceptation simple ne produit aucune émotion négative. C'est peut être de là que vient ce sourire empli de sérénité que l'on peut contempler sur le visage des sages....


Lionel 19/03/2011 11:13


Un nom : daniel ZANIN
Une adresse : www.marche-consciente.com
Une proposition : marche consciente, Marche Médit'Active
Une belle journée,
Lio


Lionel 18/03/2011 10:54


Bonjour,
Dans notre société occidentale, "moderne", je ressens cette nécessité d'action à chaque instant. Tout (ou presque) nous pousse à l'action et cela par tous les moyens. Nous héritons, il me semble,
d'une "obligation à l'action". Un arrêt à ce phénomène, une simple pause de l'un ou de l'autre et aussitôt les sourcils se froncent, les remarques fusent, les bras se lèvent et les doigts nous
montrent. Et les sanctions tombent. Même la pause de la paroles est tout de suite interprétée comme une anormalité : "qu'est-ce que tu as, t'es malade, tu ne vas pas bien, on ne t'entend pas...!".
Comme si l'action était le coeur de la vie, ou son énergie... J'ai appris le silence dans le désert et je me suis bien rendu compte qu'il avait bien plus de puissance que les mots. Une marche
"consciente" avec le jeûn de la parole partagée avec quelques personnes, outre le fait de pouvoir enfin respirer vraiment, nous permet d'être bien plus ensemble que tchatcher -de tout et de rien-
en continue tout au long d'un chemin sans jamais être présent à soi et à ce qui nous entoure. En silence, tout ce qui est là prend place instantannément en nous et nous en tout ce qui est là, dans
cette présence. Avec les mots, la communication. Avec le silence, la communion. Cà ne m'étonne pas que beaucoup de personnes reconnues comme "sages" on eut leur traversée de désert, au propre comme
au figuré. Je préciser que ce jeûn des mots lors de la marche ne nous empêche pas d'échanger ensuite en parlant, de partager nos ressentis. Mais après ce temps de pause, quelle richesse dans les
échanges, quelle paix, quelle harmonie, quelle profondeur, quelle puissance, quelle vérité, quelle union. (tient, c'est bizarre, il ne me vient que des noms féminins...! intéressant), ah non, quel
amour... ouf ;-).
L'action dans notre société ne serait-elle pas justement en lien avec celle de notre mental, sans cesse en agitation. En étant "coupé" de la nature et de ses flux par tout ce que nous mettons
nous-mêmes en action volontairement mais inconsciemment (sans prendre conscience du mécanisme -psychologique et ontologique- qui nous amène à cette action), j'ai l'impression que nous favorisons
cette spirale de l'action. Et la non-action devient alors des plus dangereuse, des plus subversive. Dans l'action, c'est le connu ou se qu'on croit connaître ce qu'on prévoit qu'il va arriver ;
dans le lâcher-prise, la non-action, c'est le vide, l'inconnu, la non-existence, la mort... Dans l'action, dans le faire, y a-t-il une place pour l'être ?
Je suis persuadé que nous avons tous accés à cette "pause" (nous y accédons d'ailleurs chaque nuit dans notre sommeil profond d'après les spécialistes), un endroit hors du temps et de l'espace,
hors même de la conscience... Seul meurt la peur dit Barry Long dans son livre, et la peur, n'est-ce pas le mental qui nous la fabrique ?
Je pense fermement, non, je pense ouvertement plutôt, que ce "lâcher-prise" est accessible à tous. Chacun a la possiblité d'y parvenir par son propre chemin -même si c'est la nature même qui le
ramène dans ce chemin contre notre volonté (tient encore une action que cette volonté)- tout simplement parce que je pense que le "hors-temps, le non-né", c'est déjà là. Ainsi, le temps de pause ne
nous ramènerait-il pas tout simplement chez nous, vraiment, vraiment ? Et çà oui, çà peut faire peur ! Alors qu'en réalité, nous n'avons jamais quitté cet endroit, ici et maintenant. Peut-être
qu'en fait, seul le mental voyage ? Nous, nous restions alors immobile. Tient c'est une idée intéressant. Je vous souhaite une immobilité alors, sans la qualifier. Lio


Tao 19/03/2011 06:43



Merci pour cette joyeuse immobilité, Lionel! 


L'exercice du silence m'apparaît en effet fondamental et j'en avais fait la première fois l'expérience lors d'une retraite de méditation Vipassana sur l'île de Koh Pangahm en Thailande: dix jours
dans le silence, sans même pouvoir échanger un regard avec l'autre!  Ce type d'aventure change une vie et a de fait transformé la mienne (Cf. mon premier livre l'Alchimie du Succès)


Dernièrement, j'ai essayé de refaire l'expérience à L'Institut Karma Ling en Haute Savoie et me suis retrouvé être le seul en silence... Dès la fin de la méditation, c'était reparti pour le
blabla du quotidien... Difficile dans ces conditions de descendre profondément en soi, ce qui n'advient généralement qu'au bout de quelques jours...


La marche silencieuse est un bel exercice et il le sera encore plus si on y arrive en groupe, ce qui requiert déjà une bonne maturité, le concept de "se réunir pour ne pas parler" ne devant pas
être très "parlant" pour la majorité... Une adresse ou un site, Lionel, pour vivre ce genre d'expérience ?