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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 08:00

Pourquoi ce qui est facile pour l’un sera difficile pour l’autre. Pourquoi la simplicité est-elle éminemment complexe.

 

 

nán yì xiāng chéng

Difficile - Facile - Mutuellement - Se succéder

 

() [nán]signifie difficile, pénible, mauvais, déplaisant.  Prononcé [nàn], il signifie calamité, désastre ou reproche. [yì] signifie facile, facilement, aimable ou échange. [chéng] donne lieu à de multiples traductions et peut signifier accomplir, succéder, devenir, se changer en, se transformer en, capable, entièrement développé, à maturité, résultat, accomplissement, ok ou en grande quantité.

 

Traductions :

Le difficile et le facile, l’aisé et le malaisé, se complètent, se produisent, se forment, se parfont, s’accomplissent mutuellement, l’un par l’autre.

♥ « Difficile et facile s'entretiennent l'un l'autre. » (Stephen Mitchell)

► « Tout est difficile avant d’être simple » mais la simplicité n’est souvent qu’apparente...

 

♫ Difficile et facile s’entremêlent

Sont imbriqués l’un dans l’autre, se succèdent

 

 

facile difficile

 

 

Réflexions :

1. « Les choses les plus simples sont les plus extraordinaires, et seuls les savants parviennent à les voir. » (Paulo Coelho, l’Alchimiste). Mais qu’est-ce donc qu’une chose "simple" au regard du monde subatomique ? Le vide, par exemple, est-il simple ? « Dans le vide, il y a déjà tout […] Le vide, c’est la somme du Tout et du Néant » précise Olivier sur le Forum du Tao.

2. La simplicité est un art. Faire simple est drôlement compliqué… mais ce devrait être le sens de la vie que d’aller à l’essentiel.

3. « Ce qui est facile se doit entreprendre comme s’il était difficile, et ce qui est difficile comme s’il était facile » (Baltasar Gracian, Oraculo manual) Facile à dire, n’est-ce pas ?

4. « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » semble demander l’administration et le système dans son ensemble. Ce qui est compliqué justifie en effet les experts (procédure, service) ou alors peut être brevetable et donc profitable (produit).

5. « Un intellectuel est un type qui est rassuré lorsqu’il n’est pas compris » (Pierre Perret)  La fonction de nombre d’experts semble être de compliquer à ce point les sujets qu’ils en deviennent indispensables, le meilleur exemple étant celui des nutritionnistes, profession non reconnue qui permet à chacun de dire plus ou moins n’importe quoi (mais toujours en compliquant bien les choses) et d’alimenter la confusion générale. Voir mon conte alimentaire gratuit "Bon appétit" sur le site du Mendiant.

6. Vivre ou mourir n’est pas bien compliqué. Bien vivre et bien mourir apparemment l’est et génère quantité de stress. Ne pas viser la performance simplifierait-il les choses ?

 

Le Mendiant

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commentaires

Xavier 07/03/2011 15:06


"Ne pas viser la performance simplifierait-il les choses ?" Tu poses là, Benoit, une redoutable question .... La performance, au sens généralement entendu actuellement(dépasser ses limites, se
dépasser, se surpasser, etc) pose bien souvent un problème car on tend à se focaliser davantage sur l'Avoir et sur le Faire jusqu'à en oublier l'Etre. Réflexion bien connueet même banale et
cependant, force est de reconnaitre que nous sommes nombreux à régulièrement oublier de la vivre.
Toutefois, dénoncer la performance ainsi entendue ne doit pas faire oublier une certaine exigence, difficile à définir mais qui, si elle est absente, nous fait exister et non vivre (en considérant
"exister" comme la satisfaction des besoins physiologiques). Si je veux "bien vivre" (qui pourrait se définir par "avoir une vie qui ait un Sens"), il me faut alors avoir une certaine exigence me
poussant à vouloir plus en terme de niveau de conscience et à ne pas me contenter d'exister. Sans pour autant rechercher la "performance" qui, dans ce domaine, n'a guère de sens.
Au plaisir de lire tes remarques sur ce point et de poursuivre plus avant la réflexion qui peut-être, touche l'un des aspects fondamentaux de ... nos existences !


Tao 08/03/2011 07:11



Comme je le précise dans mon livre L'Obsession de la performance et comme je le répèterai  demain soir lors d'une conférence que je donne sur le sujet à Annecy, "Il est certes
naturel de se développer et une bonne partie de notre croissance se fait naturellement. Un certain nombre de connaissances et d’habilités sont également nécessaires pour être libre et penser
droit. « Quand est-ce que le sage arrête d’étudier ? Quand on referme son cercueil » disait Confucius (en totale opposition avec Lao Zi, soit dit en passant).  Mais au-delà de la tête bien
faite ? Avons-nous besoin de nous mettre continuellement sur la pointe des pieds pour essayer de dépasser l’autre au risque, comme le soulignait Lao Zi,  de ne plus arriver à « se tenir
droit » ? Ces questions méritent d’être posées : jusqu’où devons-nous ne pas aller trop loin ?  A quel moment le développement devient-il contradictoire avec l’épanouissement ?  Le
mal-être ambiant n’est-il pas en partie lié à cette course incessante contre soi-même ?  Et surtout : qui a intérêt au « toujours plus » ?  L’homme ou bien le système ?"

Ma vision de la performance n'est donc pas de dire qu'il conviendrait de toujours marcher à quatre pattes, de même que le non-agir du sage n'est pas l'inaction, mais consiste à s'interroger sur
les manipulations du système qui nous demandent systématiquement de repousser nos limites et, se faisant, nous déconnectent de notre nature. Avant de "bien vivre", ne serait-il pas ainsi
préférable de commencer à vivre, tout simplement ?  

Frat'airnellement,