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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 08:00

Pourquoi avoir conscience de ses qualités est un défaut (et vice versa). Pourquoi tout travail devrait être sa propre récompense. 

 

gōng chéng ér fú jū

Mérites – Se succéder - [conj.] - Non – Résider

 

[gōng] signifie mérite, accomplissement ou talent  [chéng] donne lieu à de multiples traductions et peut signifier accomplir, succéder, devenir, se changer en, se transformer en, capable, entièrement développé, à maturité, résultat, accomplissement, ok ou en grande quantité. Cf. 2-4. [jū] signifie résider, occuper une certaine place, être dans une certaine position ou affirmer quelque chose.

 

Traductions :

Quand il accomplit/achève une œuvre, son œuvre accomplie, il ne s’y attache pas, il l’oublie.

♥ « Il ne s'attache pas à ses œuvres » (Conradin Von Lauer)

♣  « Il réussit sans en réclamer aucun mérite.» (Shi Bo)

► Le succès découle du travail et n’a donc rien d’extraordinaire, est dans la logique des choses. Les mérites sont la nature du Sage et il n’y a donc nul besoin de s’y attacher.

 

♫ Développe ses mérites sans s’y attacher

 

 

modestie_nb.jpg

 

 

Réflexions :

1. Il n’y a de vertu que s’il y a détachement vis-à-vis de la vertu. Quelqu’un qui est vertueux par crainte de l’Enfer ou du Qu’en-dira-t-on n’est pas vertueux mais mouton. « L’homme supérieur pratique la vertu sans y songer, l’homme vulgaire la pratique avec intention » dit Lao Zi.

2. « La vertu est sa propre récompense » déclare Plautre dans  Amphitryon.  Certes, il n’en va pas tout à fait de même pour la pauvre Thérèse dans Justine ou Les Malheurs de la vertu du Marquis de Sade et une société corrompue sera naturellement chiche en récompenses, inversant le proverbe anglais « On est tenu d’être honnête, non d’être riche ».

3. Pour développer son amour-propre, il convient d’éviter autant que possible de se salir. La récompense ne sera pas directe et matérielle mais indirecte et psychologique : être fier de son reflet dans le miroir voire ne plus avoir besoin de s’admirer…

4. Il est positif d’essayer de développer ses qualités et de dépasser ses défauts mais il faudrait aussi se donner le droit à l’erreur et accepter l’échec avec détachement, l’homme étant par nature imparfait.

5. Nos œuvres et nos mérites découlent de notre nature et ne méritent donc pas de sentiment de fierté ou d’orgueil. Un écrivain écrit, un peintre peint, un artisan travaille de ses mains, un garagiste répare les voitures, etc. Se vanter ou laisser les autres se répandre en louanges n’est pas dans le sens du Tao qui ne requiert jamais que de suivre son potentiel, de devenir ce que l’on est capable d’être afin de faire au mieux ce que l’on est capable de faire (ouf !) Drame d’une époque où le travail n’est plus naturel mais subi !

6. Le talent semble de plus en plus se mesurer sur l’échelle des revenus, de la bêtise ou du scandale, au point que l’on admire désormais davantage un joueur de foot qu’un astrophysicien, une nouvelle star qu’un professeur. Le vrai talent, tout comme la modestie, passent rarement à la TV !

 

Le Mendiant

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