Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 08:00

Pourquoi l’éducation doit s’accompagner de liberté. Comment se détacher de ce que l’on aime le plus.  

 

之,畜 之,生 有;

shēng zhī, xù zhī, shēng ér bù yǒu

Vivre/Elève – [liaison] – Elever – [liaison], Vivre/Elève - [conj.] - Pas – Avoir

 

[shēng] signifie (verbe) donner naissance, grandir, vivre et (nom) existence, vie, élève, Cf. 2-3. [xù] signifie élever (un animal domestique). Prononcé [chù], il signifie animal domestique ou bétail.

, Cf. 2-12 (on le retrouvera également au chapitre 51)

 

Traductions :

Fais vivre/élève/produit/créer (les êtres) et nourris-les - Donner naissance/la vie et nourrir/élever/l’entretenir/la protéger - Produire/créer et faire croître/développer + Cf.2-12

♥  «Laisser être, laisser croître, laisser être, ne pas accaparer. » (Claude Larre) ou « Produire, élever, sans faire sien ce qu’on a produit » (Léon Wieger)

♣ « Ô toi qui prêtes vie et nourris, tu prêtes vie sans t'approprier » (Jean Levi)

► Retour sur 2-12 : l’art du détachement appliqué à ce que l’on a de plus cher ?

 

Contre-sens ?

Quel est le sujet de la phrase ?  Qui élève donc les être comme des animaux domestiques ?  Il ne peut ici s’agir du Sage – contrairement à 2-12 - mais plutôt du Tao, pour qui toute créature est « chiens-de-paille » (5-1) Le « Elève les êtres, nourris-les sans chercher à les asservir » de François Huang et Pierre Leyris ou le « Il produit les êtres et les nourrit. Il les produit et ne les regarde pas comme sa propriété » de Stanislas Julien, dépassent ainsi les capacités de l’homme.

 

rousseau_emile_nb.jpg

 

♫ Donner naissance et élever sans notion de propriété

 

Réflexions :

1. « Les enfants, c’est essentiel, vous savez : ce sont à la fois des sources de bonheur, de lâcher-prise et de générosité. Il faut se mettre à leur niveau et les encourager à nous dépasser, puis à nous quitter… » (Le Majordome in Le Mendiant et le Milliardaire)

2. Elève-t-on ses enfants comme du bétail, préparés à l’abattoir de la productivité, chargés d’une multitude d’activités, destinés à être les plus rentables possibles ?  « Malheureuse prévoyance, qui rend un être actuellement misérable, sur l'espoir bien ou mal fondé de le rendre heureux un jour ! » (Jean-Jacques Rousseau, Emile ou De l'éducation)

3. « Il arrive qu’un vouloir n’ait d’effet sur un autre vouloir qu’en s’effaçant » commente Marcel Conche.  Peut-on avoir un effet autrement ?  L’éducation ou l’art de l’effacement : donner à ses enfants les atouts pour ne plus avoir besoin de nous…

 

Le Mendiant

Partager cet article

Repost0

commentaires

Lrnt 22/09/2019 07:09

Bonjour, je suis particulièrement intéressé par votre blog et vos commentaires.
Permettez-moi cependant de réagir à cette ligne.
sheng pour moi est la vie, le processus naturel de croissance à l'image de la sève d'une plante.
xu pour cyrille javary (yijing P°431) écrit que "l'idée sous-jacente de l'idéogramme est de s'approprier un processus naturel, de le prendre en charge pour le faire croître". il traduit par apprivoiser qu'il trouve je cite "plus délicat que domestiquer", avec l'idée de nourrir, prendre soin, entretenir.
Permettez-moi de penser que l'on est à l'image du "yang sheng" l'art de nourrir la vie entretenir, prendre soin de la vie, apprivoiser et laisser grandir la vie, conformément au tao.
D'où la très belle traduction du Père Larre ou de jean Levi. Ce ne peut donc pas être une production traduction contre productive ! (Wieger)
Merci en tout cas pour votre oeuvre qui me fait bien prendre conscience de l'actualité de ce texte toujours aussi mystérieux et magnifique comme le tao et la vie elle-même.