Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 10:41

Non, rassurez-vous, le Tao est toujours là (et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement)

 

La traduction du Daode Jing est par contre mise entre parenthèses, le temps pour moi de me concentrer sur d'autres fondamentaux, sans doute moins spirituels mais tout autant important pour avoir une chance d'accéder un jour à autre chose... Voir www.lemieuxetre.ch

 

Un autre projet en cours sur la Tao également, dont je vous parlerais ultérieurement...

 

D'ici là, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'années !

 

Benoît Saint Girons

 

 

 

Par Tao
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Lundi 8 avril 2013 1 08 /04 /Avr /2013 08:00

 

Un chapitre relativement facile à traduire – grâce à la répétition des mêmes caractères – mais qui demeure néanmoins obscur du fait du concept central de Wu, qui nous fait entrer de plein pieds dans la quatrième dimension, celle de la physique quantique ! 

 

 

1

,

Trente rayons se partagent un moyeu

2

,  

Dont le wu permet l’utilité

3

,

L’eau et l’argile deviennent ustensiles

4

,

Dont le wu permet l’usage

5

,

Une pièce comporte portes et fenêtres

6

,

Dont le wu permet l’habitation

7

,

Ainsi, le « il y a » procure l’avantage

8

Et le « il n’y a pas » l’usage

 

 

Cliquer sur le numéro de phrase vous transportera directement aux explications de la phrase en question. Après le désordre ordonné, voici l’ordre apparent…

   

Vidéos de l’internet chinois…


 Prononciation en chinois : 

 

 


 

 

 Commentaires :

 

« Qu’est-ce que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » notait Saint Augustin.

 

Il semble en être de même avec le concept chinois de Wu : les exemples pris par Lao Zi (le moyeu , les ustensiles ou les chambres ) sont relativement clairs mais la traduction de wu reste problématique, en atteste les différentes versions : non-être, non-avoir, rien, absence, il n’y a pas, vide…

 

On ne pourra en fait se rapprocher de son sens qu’en se souvenant de 2-3 : est l’envers de , l’autre face d’une même pièce, tout comme le yin et le yang, le jour et la nuit, l’avant et l’après…  Wu n’a donc aucun sens négatif ou péjoratif et c’est l’objet de ce chapitre que de lui rendre hommage : sans le rien, il n’y a rien de possible !

 

La traduction de yòng qui revient toutes les deux phrases pour qualifier wu est également centrale et s’oppose à qui qualifie yǒu en conclusion du chapitre. Le « il y a » possède un avantage propre, un bénéfice du fait de son existence, de son essence matérielle.  Le « il n’y a pas » n’existe pas en tant que tel mais permet au « il y a » d’être utile ou d’entrer en mouvement.

 

Au final, Wu se rapproche du Tao lui-même : tous deux sont indéfinissables et obscurs, tous deux sont une dynamique emplie de potentiel, tous deux sont composés de « vide plein d’énergie ». Tout comme avec Tao, nous continuerons donc à traduire Wu par… Wu !

 

Le Mendiant

 

PS : Je vous souhaite un très beau début de Printemps. La publication reprendra lorsque j’aurais avancé dans la traduction.

Par Tao - Publié dans : Chapitre 11 - Communauté : Tao
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Mardi 26 mars 2013 2 26 /03 /Mars /2013 08:00

Pourquoi le non-être génère et définit l’être : « Je ne suis pas donc je suis ! »

 

wú zhī yǐ wéi yòng

"Il n’y a pas" – [liaison] – Afin de – Devenir – Utiliser

 

Reprise de la formule précédente avec et en place de et .

 

Trad. 1:

Que le non-être (Principe inconnaissable) emploie / C'est par le Non-Être qu'on les utilise / Mais c'est du non-être dont nous avons l'usage / Mais c'est le non-être qui le rend efficace

♥« L'usage naît du non-être » (Stanislas Julien)

► Comment définir le Non-Être ? Par le « vide d’ego » analysé en 1-5 ?  Par le fait de « mener sa vie sans la posséder » de 2-12, d’être « extérieur à sa vie » de 7-5, de « se retirer une fois l’œuvre accomplie » de 9-5 ou encore d’ « agir avec l’impassibilité de la femelle ? » de 10-5 ?  Aller à la rencontre du vide en soi, pratiquer la non-action et le non-savoir nous permettrait certainement d’être plus efficace, de mieux nous employer.

 

Trad. 2 :

« Et le non avoir l'usage » (Père Claude Larre)

► Fort bien mais l’avoir ne contenait-il pas intrinsèquement le non avoir ?

 

Trad. 3 :

Mais c'est de son absence que naît le fonctionnement des choses / On se sert de ce qui n’y est pas / Mais c'est de ce qui est absent qu'on peut faire usage / Ce qui n'est pas sert à œuvrer.

♥ « De ce qui n'est pas, on fait usage. » (Catherine Despeux)

« Le rien en fait l'utilité » (Marcel Conche)

► Les choses sont comme elles sont et nous sommes susceptibles d’en jouir, d’en tirer profit mais seulement parce que ces choses s’appuient, s’ouvrent ou évoluent sur/dans l’absence de quelque chose. Il est question ici du principe inconnaissable, de ce qui semble vide, invisible, immatériel.

 

 

verre_moitie_vide_nb.jpg


Trad. 4 :

Que seul le vide permet d'utiliser / C'est le vide qui en fait l'utilité / Mais c'est le vide qui leur donne sens / Et ce qui est vide est utile.

► Cette absence de quelque chose pourra être par convenance qualifiée de vide mais nous sommes très loin du concept occidental de vide « entièrement vide ».

 

Contre-sens ?

Léon Wieger continue sur sa lancée : « C’est du non sensible que vient l’efficace, le résultat. » Les autres font de même, mais avec une traduction moins "sensible" de . Notons au passage que le Père Claude Larre parle de « non avoir » après avoir tout au long de ce chapitre évoqué le « vide ».

 

♫ Et le « il n’y a pas » l’usage

 

Réflexions :

1. Inversion des valeurs : le verre à moitié vide apparaît dans la conception chinoise plein de potentiel.

2. Réhabilitation de ce qui semblait inutile : il ne peut y avoir d’usage sans absence de quelque chose.

3. La réalité ne se définit que par rapport à ce qu’il n’y a pas et vice versa, Cf. 2-3.  « L’il-y-a, en tant qu’étant là, dépend de l’il-n’y-a-pas pour être là, les phénomènes en tant que tels tirent d’il-n’y-a-pas-encore leur accomplissement » (formulation de He Yan  citée par Anne Cheng, p.329)

4. « On est riche de ce qu’on ne possède pas » disait Gandhi ce qui pourrait ici se retranscrire par un étrange « On est complet de ce qu’on n’est pas ». Autres propositions de slogans taoïstes : « Être moins pour devenir plus », « Non-être pour s’accomplir », « Je ne suis pas donc je suis »,…

 

Le Mendiant

Par Tao - Publié dans : Chapitre 11 - Communauté : Tao
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Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 08:00

Pourquoi Descartes est dépassé. Comment l’existence nous échappe.

 

,

gù yǒu zhī yǐ wéi lì,

Ainsi – "Il y a" – [liaison] – Afin de – Devenir – Bénéfice

 

[gù] signifie incident, raison, cause, intentionnellement, ainsi, pour cette raison, ami, connaissance ou mourir, Cf. 1-5.  [lì] signifie pointu, avantage, bénéfice, profit, intérêt, favorable ou bénéficier (à quelqu’un), Cf. 8-2.

 

Trad. 1:

C'est pourquoi l'utilité vient de l'être / L'être donne des possibilités, a des aptitudes, crée des phénomènes / Nous travaillons avec l'être

« Ainsi, l'être produit l'utile » (Docteur Marc Haven et Daniel Nazir)

► L’être est ce que nous sommes généralement au quotidien, dans nos habitudes. C’est la recherche de la performance, l’ego, les réseaux sociaux, le fait de se mettre en avant, de se regarder dans le miroir.

 

Trad. 2 :

« L'avoir fait l'avantage » (Père Claude Larre)

► Sens restreint et matérialiste (au sens moderne) de

 

altruisme nb


Trad. 3 :

Ainsi lorsque nous tirons avantage de quelque chose / Ainsi, l'homme construit des objets / C'est pourquoi, c'est de ce qui est présent, de ce qui est, qu'on peut faire profit, tirer profit

♥ « La matière est utile » (Jean Levi) « Ainsi, tirant avantage de ce qui est » (J. J. L. Duyvendak)

« C'est pourquoi l'utilité vient de you » (Henning Strom) « Ainsi ce qui existe présente des avantages » (Shi Bo)

► Les choses sont le principe connaissable, ce qui est tangible, possède une forme, est perceptible par nos sens. Nous bénéficions, interagissons avec ce qui est.

 

Contre-sens ?

A l’exception des « Comme on le voit par ces exemples » de Léon Wieger et « Ainsi, l'homme construit des objets » de  Conradin Von Lauer, tous les autres traducteurs se sont creusés la tête pour trouver un sens à ce fameux[yǒu]

 

♫ Ainsi, le « il y a » procure l’avantage

 

Réflexions :

1. L’existence est la chose la plus belle qui soit dans la mesure où elle est « créatrice » de réalité, influence la réalité. L'observation influe en effet nécessairement sur le système observé et c’est pourquoi la physique « classique » est aujourd’hui dépassée !

2. Comment distinguer la réalité, le « il y a », de l’illusion ? Ce que nous croyons voir est-il vraiment ce que nous voyons ? Ce que nous voyons est-il vraiment ce qui est ? Ce qui est est-il vraiment ce que nous pensons ?

3. « Je pense donc je suis » ou bien « je perçois il y a donc je suis » : le « il y a » comme preuve de sa propre existence ?  

4. Combien de « il y a » distinguons-nous chaque seconde ? Si le cerveau traite 400 milliards de bits par seconde, nous ne sommes conscients que de 2000 bits qui informent sur notre environnement, sur notre corps et sur la temporalité. Voir le film/reportage « What the bleep do we know ?” sur la physique quantique.

 

Le Mendiant

Par Tao - Publié dans : Chapitre 11 - Communauté : Tao
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Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 08:00

Comment tout passe par le vide. Pourquoi le vide est notre demeure à tous.

 

,  

dāng qí wú, yǒu shì zhī yòng

Servir – Son/Sa – [Négation], Avoir – Chambre – [Liaison] – Utiliser

 

Même formule que 11-2 et 11-4, à l’exception du caractère[shì]

 

Traductions :

Car c'est le vide encore qui permet l'habitat / C'est de leur vide que dépend l'usage de la maison / Ce vide dans la pièce en permet l'usage, lui donne son utilité / Mais c'est l'espace intérieur qui la rend habitable.

« Seul le vide en permet l'usage.» (Ma Kou)

  « La fonction vient de wu, l'usage de la maison vient de you. » (Henning Strom) « L’utilité de la maison dépend de ce qui n’y est pas. » (J. J. L. Duyvendak) « C'est par ces vides que c'est une chambre. » (Richard Wilhelm)

► Seul le vide se laisse occuper.

 

modigliani.akhmatova.jpg

 

Contre-sens ?

Le sens est plutôt clair après trois phrases quasi identiques mais certains traducteurs forcent un peu sur le nombre de caractères, à l’exemple du « Mais c'est ce qui correspond à l'absence qui permet qu'il y ait usage de la maison » de Rémi Mathieu.

 

♫ Dont le wu permet l’habitation

 

Réflexions :

1. Une pièce sans ouverture n’est même pas une cellule de prison : c’est un mur entourant un vide inutile, c'est-à-dire un vide impénétrable.

2. Le vide est un passage entre deux univers (infiniment grand), deux pièces (échelle d’architecte) ou deux atomes (infiniment petit). Sans vide, nulle communication, nul échange.

3. Le wu offre l’opportunité de l’habitation et, ce faisant, se condamne lui-même à ne plus être aussi vide, aussi wu.

4. Il faut du vide (les ouvertures) pour pouvoir accéder au vide de la pièce, pour que l’énergie circule (art du Feng Shui). Attention toutefois aux courants d’air !

 

Le Mendiant

Par Tao - Publié dans : Chapitre 11 - Communauté : Tao
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