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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 08:00

Bonjour à tous!

Du 16 janvier 2011 au 8 avril 2013, j'ai publié sur ce blog, phrase après phrase, ma proposition de traduction et de commentaires des 11 premiers chapitres du Daode Jing de Lao Zi.

Cette aventure prend fin aujourd'hui avec la sortie le 23 novembre 2016 en librairie de mon livre Les Sens du Tao aux Editions Entrelacs (auteur: Benoît Saint Girons). Cette fin n'est ainsi qu'un nouveau commencement...

 

 

Je me suis concentré dans ce livre sur les trois premiers chapitres :

Le premier chapitre, de loin le plus fondamental, socle de l’ensemble de l’œuvre, véritable guide spirituel, traite du Tao, de sa nature insaisissable et de notre relation à lui, fonction de notre état d’esprit ou, plus exactement, de « non-esprit ».

Le deuxième chapitre, beaucoup plus concret, traite de la relativité de toutes choses et des illusions de la division – œuvre du mental – avant de décrire quelques manifestations du sage taoïste et notamment sa non-action légendaire.

Le troisième chapitre, sans doute le plus corrosif de l’œuvre – ainsi que l’objet du plus grand nombre de contresens – permet de comprendre pourquoi le confucianisme s’est imposé en Chine au détriment du taoïsme : Lao Zi y prône ni plus ni moins qu’un désengagement de l’état ! Une analyse contemporaine permet aussi d’y déceler une remise en cause radicale du système néolibéral et de ses manipulations consuméristes…

Le Tao, le Sage et le Système. Se pencher avec attention sur ces trois textes permettra-t-il de lever ensuite les yeux au ciel pour contempler la montagne taoïste dans toute sa profondeur ? Ce qui est sûr est qu’il serait illusoire de continuer la lecture sans avoir saisi la portée et les sens de ces chapitres...

Vous retrouverez dans ce livre la présentation que vous connaissez, largement enrichie par contre d'analyses, de réflexions et de perspectives spirituelles ou pratiques.

Du coup, ce blog sous sa forme historique va disparaitre, décision renforcée par l'invasion des publicités - indignes et contradictoires au Tao - imposée par Overblog en 2014.

L'idée initiale était d'initier un mouvement de réflexions et de commentaires autour du Tao mais j'avoue que cet objectif n'a pas été rempli... le blog ne recevant finalement que peu de commentaires par rapport au nombre de visiteurs (merci donc à ceux qui ont pris la peine d'en faire!)

Le livre enclenchera-t-il une autre dynamique ?  Nous verrons bien, sachant que "Se retirer une fois l'oeuvre accomplie est le Tao du Ciel" (9-5).

Il n'est pas impossible que la suite des 3 chapitres reprenne un jour sur un autre support plus conforme à l'esprit du Tao. C'est dans tous les cas sur www.lemendiant.fr que vous serez averti des évolutions envisagée...

Je vous remercie d'avoir pris part à cette aventure et vous donne donc rendez-vous sous une autre forme, dans un autre lieu...

Frat'airnellement,

Le Mendiant

 

 

 

 

Published by Tao
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 11:53

Bonjour à tous,

 

Et voilà, l'invasion des pubs sur over-blog a commencé!

 

Et comme vous le constatez, il ne s'agit pas vraiment de gentilles publicités liées à la thématique du blog. Non, j'ai même eu droit ce matin à une publicité pour les cafetières Nespresso!

 

Over-Blog nous avait bien prévenu que cela allait arriver via un email expédié le 31 juillet mais ils nous ont surtout mis devant le fait accompli et mon dernier mail demandant à ce que cette publicité intempestive soit supprimée est resté sans réponse...

 

Over-Blog pense ainsi multiplier les abonnements pour sa version payante et sans publicité et, au passage, convertir tous les anciens vers sa nouvelle plateforme (selon moi) pourrie. Il va surtout nourrir le mécontentement et la migration vers d'autres systèmes...

 

Il est pour ma part hors de question de rester sur un site qui utiliserait mes articles sur le Tao comme support publicitaire! Hors de question que je finance une entreprise qui se moque autant des bloggers!  D'un autre côté, la transition ne sera ni facile ni rapide, au regard de tous les articles publiés... Over-Blog fait chèrement payer la confiance accordée...

 

Allez chercher vos articles sur des sites plus respectueux, comme par exemple le site du mendiant, ou à attendre ma publication sur le Tao. Le manuscrit se termine... et les éditeurs bientôt contactés.

 

Pour ceux qui resteront, je m'excuse de cette intrusion publicitaire et vous recommande de ne jamais cliquer sur le moindre pub ainsi que d'équiper votre navigateur Ad block plus qui arrive encore à les limiter.

 

A bientôt (façon de parler) dans un univers plus respectueux!

 

Le Mendiant

Published by Tao
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 08:03

Pourquoi le Tao n’est pas vide. Pourquoi il s’use surtout lorsqu’on ne s’en sert pas.

 

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dào chōng ér yòng zhī huò bù yíng

Dao - Projeter - [conj.] - Utiliser - [liaison] – Peut-être - Pas – Être rempli.

 

Le sens de la phrase repose sur [chōng] qui signifie verser de l’eau bouillante, rincer, tirer la chasse d’eau (flush), jeter violemment (dash), jaillir, se heurter, entrer en collision, passage (thoroughfare) ou place/endroit important(e). D’où l’idée d’un bouillonnement, d’un flux d’activité ou d’énergie entrant en collision, d’une sorte de soupe cosmique d’où tout surgirait, comme le confirmera d’ailleurs 4-2. Ainsi, 沖力 [chōnglì]est la force d’impulsion, l’élan ou le dynamisme. 沖散 [chōngsàn] est la rupture, la dislocation, la dispersion, la dissémination tandis que 冲积 [chōngjī]est en géologie le phénomène d’alluvionnement. A noter que [dào chōng ] « Voie jaillissante » est aussi le « nom secret » de la seule femme taoïste (1039-1115) a avoir laissé un commentaire réputé sur le Daode Jing (Despeux, p.59)  [yòng] signifie utiliser, employer, dépenser, utilité, besoin, dépenses, frais, ainsi ou toutefois. [huò] signifie peut-être ou probablement. [yíng] signifie être rempli, être plein de ou avoir un surplus de, d’où sans doute les idées de vide ou de récipient. Toutefois, ne pas pouvoir être rempli à raz bord ne signifie pas pour autant être vide.

 

Trad.1 :

Le Dao est vide, est un vide, est comme un bol vide, est comme un vase, que l’usage ne remplit pas, que nul usage ne comble, qui, en dépit de son emploi ne se remplit jamais, qui paraît inépuisable à l’usage.

♥  « Le Principe foisonne et produit, mais sans se remplir. » (Léon Wieger)

♣ « Le Tao est tel un puits: sans cesse utilisé mais jamais tari.» (Stephen Mitchell) « La Voie jaillit et l’on y puise durablement, sans excès » (Catherine Despeux)

► Le Tao est une puissance créatrice illimitée, le « processus infiniment jaillissant de l’autocréation » (Anne Cheng, p.339), « l’éternel jaillissement des choses » (Maître Eckhart, p.101). L’univers, en constante expansion, ne peut se remplir. Selon Catherine Despeux, « si l’on retient une autre leçon qui remplace le caractère « jaillir », chong, par celui de « vide médian », zhong, on peut considérer que, si la voie jaillit, c’est parce qu’il y a ce vide constant qui permet le renouvellement et qui incite au devenir des choses. » (p.74).

 

Trad.2 :

« La Voie est modérée et s'utilise longtemps, sans excès. » (Catherine Despeux)

► C’est ici le caractère [zhong] qui est utilisé : « La Voie prise la modération et l’harmonie […] Il ne faut pas user à l’excès de la volonté et de l’intention, afin de ne pas aller à l’encontre des avertissements de la Voie. » (Despeux, p.172)

 

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Contre-sens ?

L’image du récipient statique ou du Tao vide apparaît comme un contre-sens et il sera difficile d’expliquer par la suite comment le vide produit toute chose. Conradin Von Lauer va jusqu’à dire que « Le Tao est le vide ». Il est en fait moins question de vide que de profondeur ou d’espace illimité, de puits sans fond selon la traduction de Stephen Mitchell. Cette dernière version, tout comme les autres, à l’exception notable de celle du Père Léon Wieger[1], rend toutefois mal compte du dynamisme créatif du Dao et de la dissémination de sa création dans l’univers. Ainsi, il s’agit moins d’une source qui se renouvellerait indéfiniment au fond d’un puits que de l’impossibilité à remplir ce qui n’a pas de fond – ou de limites – ce qui expulse sa production et est un important lieu de création mais aussi de passage. Marcel Conche fait à juste titre le parallèle avec le « tonneau des Danaïdes » mais reste sur l’idée du vide. Enfin, il est bien évident que le Tao génère son flux indépendamment d’une volonté extérieure ou d’un usage ou besoin "personnel".

 

Le Tao dissémine sans jamais se remplir

Le Tao bouillonne, projette de la matière, de l’énergie sans que cette matière créée ne puisse jamais le remplir, le combler ; sans que cet usage, cette fonction ne puisse jamais s’épuiser.

► Le Tao est comme une sorte de trou noir inversé qui, au lieu d’attirer à lui la matière, la projette indéfiniment dans l’univers dont il est lui-même à l’origine, qui est en continuelle expansion et qui se confond avec lui. Sans fond et sans limites, il ne peut évidemment être plein. « Ce qui domine – profondeur infini, écoulement infini – est la pensée de l’infini » précise Marcel Conche.

 

Réflexions :

1. A l’instar du Tao, ne pas se remplir de ses propres productions ou créations intellectuelles, ne pas prendre la grosse tête ou laisser ses chevilles trop enfler, Cf. 2-14.

2. Disséminer, multiplier les bienfaits mais sans rien attendre en retour ! On n’est jamais trop plein de générosité ou d’amour et cette fonction se renforce et nous renforce à l’usage. Nos qualités émanent du plus profond de notre être. Notre humanité ne s’use que si on ne s’en sert pas.

3. Nous sommes également sans fond dans notre capacité à produire des idées, à innover, à réfléchir, à nous améliorer. « De quelque côté que l’âme aille sur le chemin de connaissance, vers le dedans ou le dehors, le haut ou le bas, elle ne rencontre pas de limite à sa capacité de faire la lumière. » (Marcel Conche, Héraclite, p.360)

4. Tout comme la démocratie ou la liberté de la presse, le Tao ne s’userait-il que lorsqu’on ne s’en sert pas, lorsqu’on oublie sa présence ?

 

Le Mendiant



[1] Qui parlera néanmoins du vide dans la phrase suivante !

Published by Tao - dans Chapitre 4
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:50

Pourquoi valoriser est source de tension. Pourquoi l’esprit de compétition est à l’avantage du système. Pourquoi toute comparaison est illusion.

 

, 使

bù shàng xián, shǐ mín bù zhēng

Pas - Attacher une grande importance à - Vertueux/Capable, Permettre - Peuple - Pas - Se disputer/Contester

 

[shàng] signifie attacher une grande importance à quelque chose mais aussi estime/estimer ou valeur/valoriser.  [xián] signifie une personne capable et vertueuse mais aussi digne ou louable. 使 [shǐ] signifie employer, utiliser, faire, causer, permettre mais aussi "en supposant" ou "si", ces deux dernières traductions permettant alors une interprétation inverse de la phrase : « Si le peuple ne se dispute pas, il n’est nul besoin de valoriser les vertueux »  [mín] désigne le peuple ou les civils. [zhēng] signifie se disputer, argumenter, polémiquer, combattre, s’efforcer de ou vouloir.

 

Trad.1 :

Si on n'exalte pas, ne glorifie pas, n’honore pas les sages, les hommes éminents, les hommes de mérite, le peuple ne se dispute pas, on empêche le peuple de s’affronter, d’entrer en compétition, la contestation ne pénètre plus le peuple, on n’éveille pas de ressentiments, on cessera de batailler.

♥ « N'honore pas les sages, le peuple ne sera pas querelleur » (Jean Levi)

♣ « Ne pas faire cas de l’habileté, aurait pour résultat que personne ne se pousserait plus. » (Léon Wieger)

Si certains hommes n’étaient pas montrés en exemple, si le statut social n’avait pas autant d’importance, il n’y aurait nulle discorde, nulle compétition entre les hommes pour essayer de paraître plus vertueux ou compétents qu’ils ne le sont réellement.

 

 

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Trad.2 :

« Si l'on surestime les grands hommes, les gens deviennent dépendants. » (Stephen Mitchell)

► Mettre en avant certains hommes, c’est automatiquement en infantiliser d’autres et créer un rapport hiérarchique au détriment de la liberté et de la responsabilité des seconds. Or « la démocratie est l'organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun » (Marc Sangnier)

 

Contre-sens ?

Le sens des aphorismes se complique encore un peu avec l’introduction de doubles négations () ce qui permet à Stephen Mitchell de présenter une version originale… et positive.[1]  La notion de jalousie ou de compétition n’apparaît pas non plus en chinois même si c’est bien de cela dont il peut s’agir.

 

♫ Sans mise en avant des vertueux, nul ressentiment

 

Réflexions :

1. La mise en valeur de quelques uns (les puissants, les membres de la jet-set ou du show-biz) par les médias créée de multiples frustrations (de ne pas être aussi bien ou aussi riche qu’eux) et une obsession de la performance qui nous pousse à la compétition et au paraître. Le système y trouve son compte : soit j’y arrive et deviens un acteur qui n’a alors plus aucun intérêt à remettre les déséquilibres et les injustices en cause, soit je n’y arrive pas et je deviens frustré et trop complexé pour oser hausser le ton. Seul moyen pour sortir de ce cercle vicieux ? Refuser le paraître et s’assumer enfin en tant qu’être ! Redevenir ce que l’on est !

2. La comparaison est toujours une illusion : orgueil démeusuré et ego boursouflé, d’un côté, manque de confiance en soi et dévalorisation de l’autre. Objectivement, autrui sera toujours différent… et donc incomparable !

3. Plutôt que de regarder constamment en l’air vers ceux qui ont plus ou paraissent être "plus", pourquoi ne pas regarder à notre hauteur ou en bas, vers le mendiant philosophe par exemple, figure emblématique de la simplicité volontaire.

4. « Pourquoi avions-nous donc autant de mal à dire : « Désolé, je ne sais pas », « Ce n’est pas de ma compétence » ou « Je me suis trompé » ? Le mendiant reconnaissait tout cela et disait aussi : « Je suis pauvre », « Je suis passif » et « J’ai besoin de vous ». Le mendiant était l’antithèse du superman, de l’homme « modèle » qui croit contrôler et diriger son monde. Il était l’antinomique du développement. Il ne clamait pas haut et fort : « Regardez comme je suis performant, beau, riche et intelligent » mais : « Regardez comme je suis faible et, si vous le pouvez, aidez-moi ! » À y réfléchir, la figure du mendiant était emblématique de la condition humaine : un être bon mais plein de faiblesses, qui avait besoin des autres pour vivre et qui n’avait pas honte de l’admettre. En vérité, nous étions tous des mendiants en puissance, même si nous faisions tout pour nous persuader du contraire… » (Le Mendiant et le Milliardaire)

5. De la question des notes à l’école : valoriser les uns conduit à insidieusement dénigrer les autres alors que deux enfants n’auront jamais le même rythme de développement, ni les mêmes capacités selon les matières.

 

Le Mendiant



[1] L’auteur américain – qui avoue ne pas parler chinois – nous livre d’ailleurs davantage une interprétation qu’une traduction… et en oublie ainsi régulièrement des phrases (la 3ème dans ce chapitre par exemple).

 

Published by Tao - dans Chapitre 3
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 06:43

Pourquoi la beauté est une notion nécessairement subjective. Pourquoi le laid est une simple perspective différente. Quelles sont les conséquences d’une tyrannie de la beauté. 

 

, .  

tiān xià jiē zhī měi zhī wéi měi, sī è yǐ

Sous le ciel - Tous - Réaliser - Beau - [liaison] - Signifier - Beau, Cela - Mal – Ainsi

 

[tiān xià] signifie littéralement "sous le ciel" et désigne traditionnellement la Chine et, par extension, le monde. [jiē] signifie tous ou chacun [zhī] signifie (verbe) savoir, réaliser, informer, dire ou (nom) le savoir  [měi] signifie soit joli, beau, magnifique, soit très satisfaisant, bon (un bon vin). Lui donner le sens de "bon" au sens moral ou de "conduite honorable" serait ainsi un contre sens si le caractère [è] n’était pas lui-même traduit par "laid" alors qu’il signifie plutôt le mal, le vice, vicieux ou féroce d’où la précision de Stanislas Julien « laideur du vice ».  [wéi] signifie faire, servir en tant que quelque chose, agir, devenir ou signifier. [yǐ] signifie stopper, cesser, se terminer ou alors déjà, ainsi, après cela. ► Nous voici donc à nouveau avec une possible interprétation contraire : « Quand tout le monde reconnaît le beau, le laid/le vice disparaît ».

 

Trad. 1 :

Dans le monde, quand tous/chacun distinguent/savent/reconnaissent que le beau est le beau, que la beauté est belle, ainsi est admise l’idée du laid.

♥ « Si tout le monde sait qu'il y a le beau, c'est parce qu'il existe le laid.» (Shi Bo)

La compréhension du beau, saisir le sens du beau, induit l’acceptation de son concept contraire c’est-à-dire le laid. « Les contraires sont des notions abstraites appartenant au domaine de la pensée, et en tant que tels ils sont relatifs. Par l’acte même de concentrer notre attention sur n’importe quelle notion, nous suscitons son contraire. » (Fritjof Capra, p.147)

 

♫ Comprenant le beau, le laid apparaît.

 

 

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Trad. 2 :

Tout le monde sait que la beauté est belle, tient le beau pour le beau, connaissent le beau comme étant le beau, voilà ce qui est laid, ce qui fait sa laideur, alors apparaît le laid.

► La laideur ou le vice résident dans l’uniformisation des concepts, lorsque tous pensent la même chose et tiennent par exemple le beau pour le beau. « L’aubergiste avait deux concubines : une belle et une laide. Chacun aimait la laide, aucun n’aimait la belle. Yang Zhu demanda pourquoi et un valet répondit : « La belle sait sa beauté et nous ne remarquons plus sa beauté ; la laide sait sa laideur et nous ne remarquons plus sa laideur. » (Lie Zi, II-16, p.52) 

 

♫ Quand tous s’accordent sur le beau, le vice apparaît

 

Réflexions :

1. Tout est relatif : sans le laid, on ne pourrait définir le beau. Qu’est-ce que le laid en effet sinon une interprétation personnelle d’une réalité qui nous échappe ? Ce qui est laid dans une culture ne le sera ainsi pas forcément dans une autre et il est problématique d’imposer à tous des critères de beauté, comme l’illustre les drames liés à la tyrannie de la minceur. Sauf évidemment si l’objectif est de fourguer des crèmes ou des régimes…

2. Idem avec le bon et le mal, le grand et le petit, le positif et le négatif, le plaisir ou le déplaisir. « […] bien et mal, plaisir et peine, vie et mort ne sont pas des expériences absolues appartenant à des catégories différentes, mais simplement deux aspects d’une même réalité, les parties extrêmes d’un ensemble unique. » (Fritjof Capra, p.148) « Les corrélatifs, les opposés, les contraires comme oui et non, sont tous entrés dans ce monde par la porte commune, sont tous sortis du Principe Un » selon Léon Wieger (Cf. 1-9)

3. Faire le choix de la « vision sans tête » et regarder les choses et les êtres s’exprimer par eux-mêmes, sans y plaquer nos habitudes ou préjugés « c’est beau !» ou « c’est laid! » ?  Plutôt que de nous concentrer sur le paraître, sur l’enveloppe ou le masque (persona), accueillir l’autre dans l’ouverture et la présence, avec bienveillance et empathie.

 

Le Mendiant

 

Published by Tao - dans Chapitre 2
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 10:35

Pourquoi le Tao est-il insaisissable ? Ce que nous observons est-il la Réalité ou bien une création de notre esprit, une illusion ?

 

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dào kě dào fēi cháng dào

Tao - Pouvoir - Tao - Non - Ordinaire/éternel – Tao

 

[dào] est formé de la clé [chuò] qui signifie mouvement ou marche. Ce caractère n’existe pas en soit et est toujours accolé à un référé, soit ici [shǒu] qui signifie tête, chef, principe ou premier (► Le « Premier mouvement », le « Principe primordial », la « Cause des causes ») mais est également utilisé comme "mot mesure" des poèmes, ce à quoi ressemble le texte du Vieux Maître (Lao Zi).  Globalement, est à la fois un nom (chemin, voie, route, cheminement, parcours, direction, méthode, technique, doctrine, principe, manière de procéder) et un verbe (marcher, avancer, parler, dire, énoncer, penser, supposer, guider ou parvenir à). C’est aussi le "mot mesure" utilisé pour ce qui forme une ligne, les ordres ou les questions. Selon Catherine Despeux[1], « Le Dao, la Voie, est un terme d’usage universel dans la pensée chinoise. […] Le plus ancien dictionnaire étymologique chinois, écrit vers l’an 100, décompose le caractère dao en deux éléments, l’un désignant la marche et l’autre une tête chevelue. La définition qu’il en donne est : « La Voie désigne ce que l’on parcourt. » Autrement dit, le Dao, c’est en premier lieu le chemin et le cheminement.  Mais un caractère peut prendre des sens différents selon le contexte dans lequel il est employé […] Le sens philosophique de Principe ultime ou d’Absolu, qui ressort du commentaire de Wang Bi au IIIe siècle, n’existe pas encore à l’époque de Laozi et paraît donc anachronique […] La Voie désigne un ordre à la fois naturel, social et politique. » (p.61) Au final, choisir un terme plutôt qu’un autre reviendrait à le "terminer", à l’enfermer dans un concept, lui qui est par essence insaisissable et c’est pourquoi nous continuerons à l’appeler Tao.[2]

 

[kě] signifie approuver, pouvoir, nécessité (de faire quelque chose), en mesure de (faire quelque chose), valoir la peine (d’être fait) ou avoir besoin (d’être fait). Sa clé [kǒu] signifie bouche d’où des traductions comme « exprimer par la parole » ou « prononcé », précision excessive puisque nous retrouvons par exemple ici le Tao sous forme écrite.

 

[fēi]  signifie mauvais, non, pas ou non conforme. [cháng] signifie ordinaire, commun, normal, invariable ou alors constant, fréquemment, souvent, habituellement, pour ainsi deux interprétations possibles : le Tao ordinaire ou le Tao éternel.  Notons aussi que 非常 [fēicháng] signifie extraordinaire, inhabituel, extrêmement, très pour une interprétation alors inverse : « Le tao devenant tao est le Sublime Tao ».  Tao à la fois ordinaire et extraordinaire !

 

tao

 

Trad.1 :

Le Tao/La voie que l'on peut énoncer/prononcer/exprimer/expliquer/saisir/tracer/définir, qui se laisse exprimer, que la voix peut dire, n'est pas le Tao/la Voie infini/éternel/permanent/pour toujours/constant, n’est déjà plus le Tao.

♥ « Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même » (Liou Kia-hway) « Une Voie que l'on peut qualifier de Voie n'est pas la Voie constante. » (Catherine Despeux)

♣ « La voie qui a voix n'est pas la vraie Voie.» (Jean Levi)

► Le tao que l’on pourrait enfermer dans un concept, un nom ou une métaphore ne saurait être le vrai Tao, la seule chose permanente étant l’impermanence.  « Comment y aurait-il une connaissance stable de ce qui est instable ? » s’interroge Marcel Conche. Tout s’écoule, panta rhei, dit Héraclite et c’est pourquoi on ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve.[3]  Ainsi, « Pour connaître le Tao, on ne doit ni penser ni réfléchir ; pour s’installer dans le Tao, on ne doit adopter aucune position  ni s’appliquer à rien ; pour posséder le Tao, on ne doit partir de rien, ni suivre aucun chemin » (Zhuang Zi, XXII, p.175)

 

Trad.2 :

Le Tao devient sans cesse le Tao, il n’y a pas de Tao fixe, éternel / Laissez le Tao devenir votre Tao, qu’il ne soit pas juste un Tao éternel !

♥ « La Voie vraiment Voie est autre qu’une voie constante.» (J. J. L. Duyvendak)

► Ces approches, présentées (entre autres variantes) par Jonathan Star, ont l’avantage de mettre l’accent sur le processus, le flux constant du Tao, qui n’est jamais le même, jamais éternel dans sa forme ou alors qui ne doit pas rester abstrait mais être intégré au cœur de sa propre expérience... Traduire [kě] par « devenir » est néanmoins un peu tiré par les cheveux… La traduction de Duyvendak est bien plus fidèle.

 

Trad.3 :

« Enfin, dernièrement, arguant de la version de Mawangdui[4], où les deux membres de phrases sont ponctués par la particule [yě], les érudits modernes proposent encore une autre lecture, grâce à un découpage différent : Dao, ke dao ye, fei chang dao ye. Le sens serait alors : « Le Tao, il peut se dire (ke dao ye), mais seulement sur un mode qui n’est pas celui du discours ordinaire (fei chang dao ye) » Ces versets qui ouvrent le livre fournirait alors la justification de l’ouvrage qui est un discours sur le Tao, mais en mettant en garde le lecteur : on ne saurait néanmoins se servir du langage ordinaire pour parler d’une entité qui excède toute désignation autre qu’heuristique. » (Jean Levi, p.55) 

 

Contre-sens ?

Traduire Tao par le mot Vérité et par « Vérité absolue » (Ma Kou) est une originalité mais, dans la pensée chinoise, « la vérité est d’abord d’ordre éthique, la préoccupation première étant de déterminer l’utilisation appropriée du discours, et non pas ce qui fait la vérité de dispositions mentales, de propositions, d’idées ou de concepts » (Anne Cheng, p.37) Le terme de « Réalité » serait-il plus approprié : « La réalité que l'on veut exprimer n'est pas la Réalité » ?

 

♫ Le tao exprimable n'est pas Le Tao

La majuscule évite de devoir se prononcer sur l’adjectif . Le Tao se définit par lui-même!

« Le Dao ne connaît pas de distinctions. Le langage ne peut se référer à l’éternel. C’est parce qu’il y a langage qu’il y a démarcation. […] Le Grand Dao n’a pas de nom, une vraie discussion, c’est en fait une discussion où l’on ne parle pas. » (Zhuangzi, II, cité par Anne cheng, p.332) ou encore « « Le Tao ne peut être entendu : ce qui s’entend n’est pas lui ; le Tao ne peut être perçu : ce qui se voit n’est pas lui ; le Tao ne peut être énoncé : ce qui s’énonce n’est pas lui. […] Ce qui donne forme aux formes est sans forme. Le Tao ne répond à aucun nom. » (Zhuangzi, cité par Jean Levi, p.8)

 

Réflexions :                                                                           

1. La parole, le langage, les concepts, l'intelligence sont limités. La réalité se trouve au-delà des apparences (et des médias). La carte ne sera jamais le territoire !

2. Le Tao se conceptualise moins qu’il ne se vit, qu’il ne se ressent, de l’intérieur !  Lao Zi nous invite à laisser la raison de côté pour redécouvrir l’harmonie, les aspirations de notre cœur.

3. Le Tao, tout comme la montagne, nous dépasse et nous ne serons jamais capables d’en saisir tous les éléments, chacun de ses constituants, de la végétation aux grains de poussière. La nature nous transcende et il est illusoire d’essayer de la maîtriser. Nous ferions mieux de la respecter et de nous placer en syntonie avec elle.

4. « Dieu est sans nom : car de lui personne ne peut rien dire ni connaître. En ce sens, un maître paën dit : « Ce que nous savons, ou disons, de la première cause, nous le sommes plus nous-mêmes que ce n’est la première cause ; car elle est au-dessus de toute expression et de toute connaissance ! » (Maître Eckhart, p.131) ou encore Michel Coquet : « Définir Dieu, c’est le limiter à sa propre compréhension et c’est ce qui a donné les guerres de religion et l’intolérance des trois dernières religions, la juive, la chrétienne et la toute dernière, la musulmane. »[5]  Adopter le point de vue de Laozi – inutile d’essayer de définir l’indéfinissable ! – serait faire acte de paix et de tolérance…

 

Le Mendiant

 



[1] Catherine Despeux, Lao-tseu, Le guide de l’insondable, Editions Entrelacs, 2010. Un excellent ouvrage pour éclaircir (un peu) le texte chinois grâce aux différentes interprétations proposées mais malheureusement limité à 31 chapitres sur les 81.

[2] Dao (ou do en japonais comme dans le judo, la « voie de la souplesse ») serait une plus juste retranscription mais Tao est devenu l’appellation d’usage en Français, selon le système de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), longtemps en vigueur en France. Voilà pourquoi Laozi est également souvent retranscrit par Lao-tseu. A l’exception du Tao, nous utiliserons la retranscription en pinyin, adopté en République populaire de Chine depuis 1958.

[3] « Nous entrons et nous n’entrons pas dans les mêmes fleuves ; nous sommes et nous ne sommes pas » (Héraclite) Marcel Conche commente : « Le langage, qui nomme avec des mots définis, ne peut dire que le stable non l’instable, en conséquence ne peut dire que les lois, qui seules sont stables, constantes, égales à elles-mêmes, non les êtres, car il n’y a pas d’ « êtres » en réalité : il n’y en a qu’en apparence. » (Héraclite, p.456)

[4] « En 1973, à Mawangdui, localité voisine de Changsha, au Hunan, étaient exhumés d’une sépulture du début des Han un grand nombre de manuscrits sur soie […]. Parmi ces documents figuraient deux versions du Lao-tseu. La version la plus ancienne, assez corrompue, fut écrite avant l’avènement du premier empereur des Han, Lieou Pang, en 206 av. J.-C. ; la seconde, un peu plus récente et mieux préservée, a dû être calligraphiée entre 194 et 187 avant notre ère. Ces deux manuscrits […] présentent l’un comme l’autre la particularité remarquable d’inverser l’ordre des parties – le « Livre de la Vertu » y est précède le « Livre de la Voie » -, et de ne pas être divisé en sections comme les éditions reçues. » (Jean Levi, Le Lao-tseu, Albin Michel, 2009, p.37)

[5] Michel Coquet, Pourquoi sommes-nous sur Terre, Alphée, p.308

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 10:19

Pourquoi donc une nouvelle traduction du Daode Jing, livre déjà le plus traduit au monde ? Eh bien d’abord parce qu’il est là, tout comme l’Everest était là pour George Mallory.[1]  Le Daode Jing n’est certes pas la seule montagne de sagesse dont il est possible d’entreprendre l’ascension mais rares sont les textes qui atteignent, en si peu de mots – 5000 caractères chinois environ – un tel sommet de profondeur.

 

Ensuite, parce que je suis là et que mes études de chinois associées à mes nombreux séjours en Chine me permettent d’attaquer le texte depuis sa base chinoise. Je présenterai ainsi le texte en chinois et en pinyin.

 

Cette traduction n’aurait pas eu plus d’intérêt si un téléphérique avait déjà été accroché à la montagne pour permettre à tout un chacun de s’extasier devant le panorama. Il n’en est rien et certaines traductions ajoutent même encore au « mystère des mystères », plongeant ponctuellement la montagne dans un épais brouillard. Nous avancerons donc avec prudence, pas par pas, en direction de la « porte de toute compréhension ».

 

La nature polysémique des idéogrammes, la simplification extrême de la grammaire chinoise (un même caractère peut désigner à la fois un nom, un verbe ou un adjectif, un singulier ou un pluriel, un passé, un présent ou un futur, etc.) ainsi que l’absence de ponctuation multiplient les versions possibles et je n’aurai donc pas la prétention d’enfermer le Tao dans une énième interprétation. Un alpiniste peut ouvrir une nouvelle voie mais il n’aura jamais qu’une connaissance superficielle de la montagne. Le Tao, comparable à l’eau, prend la forme des récipients qui l’accueillent. Une traduction du Daode Jing – le choix, pour un idéogramme donné, d’un sens plutôt que d’un autre – aura donc nécessairement la forme du traducteur… et c’est pourquoi il ne s’agira pas du Tao !

 

 

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Le Tao par Maître Shi Bo

 

 

 

L’ascension du Daode Jing doit aussi être perçue comme un exercice de réflexion et de sensations personnelles dont la résonance variera au fur et à mesure des découvertes. Parti en quête de son essence, on ne finit pas de trouver des sens au Tao ! C’est pourquoi j’ai choisi de présenter une traduction mot-à-mot des caractères chinois, ainsi que les variantes principales des traductions (cohérentes) existantes: à chaque compagnon de tracer ainsi, s’il le souhaite, sa propre voie !

 

Mais cette aventure a également été entreprise parce que les messages du Daode Jing demeurent d’une stupéfiante modernité. En dépit d’une datation comprise entre VIe et le IIe siècle av. J-C., nous sommes en effet seulement en train de percevoir à quel point la dualité, la fragmentation et la mécanicité du monde, non seulement sont contradictoires avec la physique moderne et la réalité de la nature, mais qu’ils nous conduisent à une impasse écologique et sociale. Il faut faire un avec la montagne pour espérer arriver au sommet. Il nous faudra reconnaître l’uniformité biologique du monde pour espérer faire face aux défis de notre siècle. Le XXIe siècle suivra le Tao ou ne précèdera pas grand chose !

 

Cheminer sur la voie du Tao, c’est reprendre contact avec sa nature et envisager un autre paradigme du rapport aux autres et au monde, dépasser notamment notre insidieuse obsession de la performance[2], de la croissance, de la raison et du progrès. C’est, en accordant un peu de place au vide, en se plaçant en retrait par rapport à un certain nombre de mythes et de préjugés que l’on accèdera à un espace de liberté. Si la réflexion du Daode Jing conduit rarement sur le dos d’un buffle, elle permet naturellement de prendre de la hauteur et de changer de perspectives. On étudie moins le Tao qu’on ne se découvre soi-même. On le conceptualise moins qu’on ne le vit ! Gravir le Tao, c’est avant tout descendre en soi afin de redécouvrir ce que nous devrions tous être : en harmonie avec notre nature !

 

Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue dans cette aventure... et espère avoir de vos nouvelles, une ascension en solitaire étant aussi périlleuse que monotone...

 

Le Mendiant

http://www.lemendiant.fr



[1] Lorsqu’un journaliste lui demanda  pourquoi il souhaitait escalader l'Everest, George Mallory répondit    « because it’s there (parce qu’il est là) », New York Times, 18 mars 1923.

[2] Benoît Saint Girons, l’obsession de la performance, Editions Jouvence, 2009

16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 10:18

Même si l’agilité requise peut venir au fil des pas[1], au fur et à mesure des caractères, une ascension du Daode Jing ne s’entreprend pas sans quelques précautions et un bon équipement.

 

Du côté des précautions pour éviter de me perdre dans le brouillard, une connaissance suffisante du chinois (Etudié notamment aux Langues O à Paris), du caractère des chinois (en témoigne mon essai publié en Chine en 2004 1,2 milliard de martiens十二亿火星人[2]) et de la Chine (où j’ai séjourné plus de quatre ans[3]), complèteront les traductions suivantes du Daode Jing :

  • François Houang et Pierre Leyris, La Voie et sa vertu, Editions du Seuil, 1979
  • Liou Kia-hway, Tao-tö king, Editions Gallimard, 1967
  • Stanislas Julien, Tao te king, Editions Mille et une Nuits (notamment), 2000
  • Alexis Lavis, La voie du Tao, Editions Pocket, 2010
  • *Henning Strom, Livre de la Voie et de la Vertu, Edition You-Feng, 2004
  • Ma Kou, Tao Te King, Editions Albin Michel, 1984
  • *Marc Haven et Daniel Nazir, Editions Dervy, 1978
  • *Marcel Conche, Tao Te king, PUF, 2003
  • Conradin Von Lauer, Le chemin de la vérité et de la vertu, Editions Jean de Bonnot
  • *Shi Bo, Tao De King (livre de collection original édité en dix exemplaires)
  • *Didier Gonin, Réussir sa vie avec le Tao, Albin Michel, 2007
  • Claude Larre, Tao Te King, Editions Desclée de Brouwer, 1994
  • Stephen Mitchell, Tao Te King, Un voyage illustré, Synchronique Editions, 2008
  • *Jonathan Star, Tao Te Ching, The definitive edition (sic!), Jeremy P. Tarcher / Penguin, 2003
  • Feng Xiao Min, La Voie du Tao, Editions Alternatives, 2000
  • * Léon Wieger, Les pères du système taoïste, 1950
  • * Jean Levi, Le Lao-tseu suivi des quatre canons de l’Empereur Jaune, Albin Michel, 2009
  • * J.J.L. Duyvendak, Tao to king, version numérique disponible sur http://classiques.uqac.ca/

  • * Catherine Despeux, Lao-tseu, Le guide de l’insondable, Entrelacs, 2010
  • * Richard Wilhelm (trad. Etienne Perrot), Tao Te King, Editions Médicis, 2003
  • * Rémi Matthieu, Le daode jing, Médicis-Entrelacs, 2008

 

livre_laozi_nb.jpg

 


L’équipement sera quant à lui constitué essentiellement de mes quelques neurones, stimulés par les commentaires experts des auteurs précédents (*lorsque le texte a le mérite d’être un minimum explicité) ou suivants:

  • Marc Halévy, Le taoïsme, Eyrolle, 2009
  • Isabelle Robinet, Comprendre le Tao, Albin Michel, 2002
  • Fritjof Capra, Le Tao de la physique, Editions Sand, 1985
  • Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise, Seuil, 2002
  • Alan Watts, Tao, The Watercourse Way, Pantheon Books, 1975
  • Max Kaltenmark, Lao Tseu et le taoïsme, Robert Laffont, 1974

 

Sans oublier les écrits des autres penseurs taoïstes de référence:

  • Lie Tseu (Lie Zi), Traité du vide parfait (trad. Jean-Jacques Lafitte), Albin Michel, 1997
  • Tchouang-tseu (Zhuang Zi), Œuvre complète (trad. Liou Kia-hway), Gallimard, 1969
  • Héraclite (le "taoïste grec"), Fragments (commentaires Marcel Conche), PUF, 1986

   

Ainsi que quantité d’autres livres de sagesse, qu’ils soient classiques :

  • Maître Eckhart, Œuvres, Gallimard, 1942
  • Le Nuage de l’Inconnaissance, commentaires de Bernard Durel, Albin Michel, 2009


Ou contemporains :

  • Taisen Deshimaru, La pratique du zen, Albin Michel, 1981
  • Osho
  • Arnaud Desjardins
  • Etc.

 

Cette liste devrait progressivement être complétée par les autres écrits classiques chinois (Huainan Zi, Yi King,…), les philosophes grecs, les textes zen, bouddhistes et hindouistes, les mystiques (Maître Eckhart, Nuage de l’inconnaissance, etc.)  Au fur et à mesure d’une ascension, n’est-il pas naturel que le panorama s’élargisse ?

 

Le Mendiant



[1] Gérard d’Aboville, lorsqu’on lui demanda s’il s’était entraîné à ramer avant de partir en 1980 pour sa traversée de l’Atlantique, répondit qu’il n’en voyait pas l’intérêt vu qu’il allait déjà suffisamment le faire…

[2] Et depuis allègrement retranscrit et commenté sur l’internet chinois. 

[3] Voir mon site www.passplanet.com qui couvre 240 localités en Asie (dont une soixantaine en Chine) et Amérique Centrale.

 

 

 

 

13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:41

Le texte original de Lao Zi sera présenté, traduit et commenté phrase après phrase… pour autant que l’on puisse définir ce qu’est une phrase dans un Daode Jing ne comportant pas de ponctuation !

 

La présentation générale observera la structure suivante :

 

1-1. => 81-8.

Le Daode Jing comprend traditionnellement 2 parties, 81 "chapitres" et de 2 à 20 phrases par chapitre.

 

.

Présentation du texte en chinois simplifié, tel qu’utilisé en République Populaire de Chine.

 

dào kě dào fēi cháng dào

 

Présentation du texte en Pinyin (utilisé par la République Populaire de Chine depuis 1958), remplaçant progressivement en Occident la transcription de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) ou le vieux système Wade-Giles (datant de 1859, modifié en 1892) qui, sur cette première phrase, aurait donné ceci : tao k’o tao fei ch’ang tao. 

 

Tao - Pouvoir - Tao - Non - Ordinaire/éternel – Tao

Présentation du mot à mot cohérent avec le sens de la phrase.

 

[dào] est formé de la clé [chuò] qui signifie mouvement ou marche...

Traduction et explication (si besoin) de chaque caractère chinois. Un même caractère ayant parfois plus d’une dizaine de sens possibles (nom, verbe, adjectif et/ou adverbe), les possibilités de traduction du Tao sont infinies !

 

 

 

statue_laozi_nbjpg.jpg

 

Une image représentative de l'univers du Tao


 

Trad.1 :

Le Tao que l'on peut énoncer/prononcer/exprimer/expliquer/saisir/tracer/définir, qui…

Présentation des différentes traductions existantes (voir la liste du matériel) avec une séparation nette (Trad.1, Trad.2, Trad.3) lorsque les sens sont clairement différents.

 

♥ « Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même » (Liou Kia-hway)

Présentation de la meilleure traduction selon moi… ce qui ne signifie donc pas qu’il s’agit de la meilleure traduction dans l’Absolu du Tao !

 

« La voie qui a voix n'est pas la vraie Voie.» (Jean Levi)

Présentation d’une traduction originale, dans la mesure où elle suit un minimum les caractères chinois (ce qui est loin d’être toujours le cas)

 

Le tao que l’on pourrait enfermer dans un concept, un nom ou une métaphore…

Explication du sens de la phrase avec perspectives vers d’autres textes.

 

Contre-sens ?

Traduire Tao par le mot Vérité et par « Vérité absolue » est une originalité…

Commentaires sur les traductions qui me semblent contradictoires avec le sens de la phrase ou des caractères chinois. A nouveau, je ne prétends pas détenir ici la moindre vérité. L’intérêt de cette section est de continuer à questionner le texte et favoriser la réflexion.

 

♫ Le tao exprimable n'est pas Le Tao

 

Une proposition de traduction, prenant en compte les remarques précédentes ainsi que ma propre perception des caractères chinois. L’idée n’étant pas de paraphraser les autres traducteurs, cette traduction sera souvent originale, militante – et ponctuellement contradictoire – par rapport aux versions « officielles ». Elle fera dans ce cas l’objet d’une explication. Dans la mesure du possible, j’ai essayé de conserver la forme « minimaliste » ou poétique du Daode Jing, avec  un minimum de mots. 

 

Réflexions :                                                                         

1. La parole, le langage, les concepts, l'intelligence sont limités. La réalité se trouve…

Un certain nombre de réflexions autour de mes précédents écrits sur le thème du contentement personnel, de l’obsession de la performance ou des manipulations. Une ouverture sur le monde moderne et les défis du XXIe siècle. Un recueil de citations de philosophes, intellectuels ou humoristes. Un appel à un changement de paradigme et à la remise en cause du système, dans la perspective d’une société tournée vers les hommes, la souplesse et la vie.

 

Le Mendiant